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LLT 47 - A Céline - 8 Mai 1888

Le 8 mai 1888

Je t'envoie, ma petite Céline, deux petites nappes à piquer à la mécanique. Je sais que tu es bien pressée mais tu ne vas pas refuser ce service à ta petite Thérèse. Je pense que deux piquets feraient bien, il y en a une dont l'ourlet est trop petit, tu voudras bien éloigner le second piquet. Je voudrais bien les avoir pour demain après le dîner au plus tard car c'est Jeudi l'Ascension.

Il y a quatre ans aujourd'hui que j'ai fait ma première communion, y penses-tu ?... Que de grâces le bon Dieu m'a faites depuis ce temps !

Ma Céline chérie, il y a des moments où je me demande si c'est bien vrai que je suis au Carmel, parfois je ne puis y croire. Hélas ! qu'ai-je donc fait au Bon Dieu pour qu'il me comble ainsi de ses grâces ?

Demain, il y a un mois que je suis loin de toi, mais il me semble que nous ne sommes pas séparées, qu'importe le lieu où nous sommes ?... quand l'Océan nous séparerait nous resterions unies, car nos désirs sont les mêmes et nos coeurs battent ensemble... Je suis sûre que tu me comprends. (Qu'importe, après tout, que la vie soit riante ou triste, nous n'en arriverons pas moins au terme de notre voyage ici-bas.) Une journée de Carmélite passée sans souffrance est une journée perdue ; pour toi c'est la même chose car tu es Carmélite par le coeur.

Embrasse pour moi Léonie

 

Ta petite Thérèse de l'Enfant Jésus.