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LT 50 - A Marie Guérin - 13 mai 1888

13 mai 1888

                                Dimanche Mai 88.

Ma petite Soeur chérie,

 

Si tu as la Pott au bout de la langue, tu ne l'as pas bien certainement dans l'esprit ni au bout des doigts. Quelle charmante lettre !...

Si tu as voulu me faire rire, tu n'as pas perdu ton temps, petit lutin. Petite vilaine, voilà que tu as mal au pied, c'est bien extraordinaire car tes pieds sont si petits qu'il n'y a vraiment pas la place.

Heureusement que c'est bientôt la Pentecôte, le St Esprit réparera bien certainement un grave oubli qu'il a fait le jour de ta Confirmation. Il t'a donné tous ses dons mais, par malheur, il en a oublié un qui te serait bien utile. Tu devines lequel ?...

Je vais tant le prier pendant ma retraite que le jour de la Pentecôte tu seras forte comme un petit Samson. Si tu as encore mal au pied, prends garde à ta Loulou.

Cette nuit j'ai beaucoup rêvé DANS Jeanne ; depuis que je suis au Carmel c'est incroyable combien j'en rêve souvent. Embrasse-la bien fort pour sa petite Thérèse.

Quel beau temps ! le soleil est radieux, il est vraiment plus brillant que celui qui était sur ta lettre car il n'éclairait guère la terre, et s'il en était de même aujourd'hui je serais forcée de me servir de ta lampe.

Je suis bien heureuse d'avoir eu le mot lampe à mettre sur cette page-là ; autrement j'aurais été obligée de te faire une impolitesse en tournant pour te dire Adieu.

A bientôt, j'espère, ma Soeur chérie, embrasse pour moi mon bon Oncle, dis-lui que nous n'oublierons pas sa recommandation. Mille baisers à ma tante chérie.

(Il faut que ta force soit non pas dans tes cheveux mais dans ton pied).

Petit Lutin chéri, je t'embrasse de tout mon coeur.

 

Ta petite Soeur,
Thérèse de l'Enfant Jésus
p.c.in.