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LT 69 - A Marie Guérin - novembre (?) 1888

Novembre (?) 1888

Jésus M.J.T.

Ma belle Poupée,

 

Je ne puis résister à l'envie de te remercier de ta lettre, elle m'a fait grand plaisir. Tu ne peux pas te figurer combien je pense à toi. Toujours ma petite Marie me revient à l'esprit, d'ailleurs je voudrais oublier mes petites cousines chéries, que je ne le pourrais pas, ma jolie petite lampe m'éclaire si bien !...

Encore un service que Thérèse vient demander. Sr Agnès vient de me dire qu'il me faut une paire de chaussures fourrées, comme celles que je t'ai vues bien des fois en hiver, ce sont des espèces de petites bottines qui sont bordées d'astrakan. Si ma tante voulait me les acheter, je serais bien contente. Jeanne pourrait les essayer, elle a exactement le même pied que moi.

J'ai bien des choses à dire à ma Poupée mais on attend mon petit mot, il me faut te quitter. Jeudi j'aurai bien des choses à dire à ma petite soeur chérie, en attendant j'embrasse bien fort ma tante CHERIE, mon BON Oncle et ma chère petite Jeanne

Pour mon Louploup je ne puis lui dire combien je l'aime, mon coeur est trop plein d 'affection pour lui.

Si je pouvais avoir les chaussures cet après-midi je serais bien contente. Tu ne peux pas te figurer combien on est bien soigné au Carmel, il faut toujours que je mange et que je me chauffe les pieds...

A Jeudi ma petite chérie, ma belle poupée vivante. Je suis bien bienheureuse, au comble de mes désirs

 

Thérèse de l'Enfant Jésus

 

Je pense souvent à ma chère Marcelline.