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Sr Marie du Sacré Coeur à Sr Françoise Thérèse - 10 Novembre 1918

Sœur Marie du Sacré Coeur à Sr Françoise Thérèse  

+ Jésus                                                                                          10 Novembre 1918

Ma petite sœur chérie,

J'attendais la fin de ta retraite pour t'écrire et il y a huit jours déjà nous avons reçu ta lettre qui nous dit quelle bonne retraite tu as faite. Comme le bon Dieu te comble de grâces, mais il ne faudra pas te décourager si tu tombes souvent, ce sera une occasion de pratiquer l'humilité et la confiance, car cela nous prouve que nous ne pouvons rien de nous-mêmes et qu'il faut tout attendre du bon Dieu.

Oui, chère petite sœur, c'est le R. P. Foch, frère du maréchal Foch qui nous a prêché la retraite il y a deux ans. C'est un très saint religieux qui doit obtenir bien des grâces du Ciel à son illustre frère. Comme le bon Dieu aime la France, voilà que nous sommes sauvés enfin car la victoire finale est proche! Oh ! que je voudrais que notre pauvre Patrie reconnaissant ses erreurs revienne à Lui complètement.

Mais il faut bien se dire que jusqu'au dernier jour du monde ce sera la lutte du mal contre le bien. Ici-bas c'est l'Eglise militante, il faut attendre le Ciel pour jouir de la paix et de l'allégresse de l’Eglise triomphante.

Mr Dubosq a dû bruler les papiers de ta déposition, mais ne t'en fais pas de peine, à quoi cela te servirait-il à présent. L'important c'est que ce soit consigné dans le Procès.

Sr Geneviève ne t'écrit pas parce qu'elle est toujours très occupée et qu'elle compte sur moi pour te donner les nouvelles. Elle prépare pour le Pape un album de la "petite voie" que Mgr de Teil va porter à Rome dans quelques jours (il y va pour ses affaires) les photographies sont moitié plus grandes que les tiennes. Le Pape reçoit très souvent des lettres de soldats lui demandant la béatification. Un Monsieur venant de Lille en pèlerinage ici a dit qu'ils (des villes évacuées) se prépareraient à venir en pèlerinage d'actions de grâces par plusieurs milles.

Adieu, petite sœur chérie, je t'embrasse des millions de fois. Ne m'oublie pas auprès de ta si bonne Mère que j'aime beaucoup.

Ton aînée,

 Sr M. du S. Cœur

 r.c.i.

Jusqu'ici nous sommes préservées de la grippe.