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De Marie Guérin à Céline. 21 octobre 1894 bis

 

De Marie Guérin à Céline.

21 octobre 1894 - bis

Ma chère petite Céline,

Je t'envoie tout mon cœur et tous mes souhaits de fête avec tous mes petits cadeaux. Regarde surtout pour ceux-ci non pas à l'objet mais à l'intention que j'ai eue de te faire le plus de plaisir possible. Quant aux 20 francs qui sont contenus dans cette lettre, je te les donne pour que tu les remettes à Pauline et à ma mère chérie, mais c'est à l'occasion de ta fête que je te les envoie. Ce sont les 20 francs que maman me donnera à sa fête et dans le cas où cette année, elle ne me les donnerait pas, je les prends d'avance sur les étrennes de bonne-maman.

Maintenant, pour les photographies, je n'ai qu'un désir, celui de te faire plaisir. J'y ai passé ma semaine entière et encore, je ne suis pas arrivée au résultat que je rêvais. Il y a un défaut dans le cliché, comme tu le vois, cette raie existe dans la gélatine, j'ai fais tout ce que j'ai pu pour l'enlever, crayon, peinture rouge, je n'ai pu arriver qu'à l'atténuer. Quand j'ai vu cela, j'ai recommencé deux, trois clichés, mais par ce vilain temps ils sont d'une très grande faiblesse, on a beau les renforcer, cela ne donne pas de belles épreuves. Je t'envoie celle que je trouve la mieux. J'avais aussi aggrandi le portrait de ma tante, je me faisais une fête de te le donner, mais comme la photographie est très vieille et pas très fine, le grain du papier se voit très bien et cela ne fait pas une belle épreuve.

Je te demande bien pardon de t'envoyer la photographie de mon oncle si mal collée, je n'ai pu le terminer qu'hier soir à 9 heures.

Mon Célin chérie, tu sais combien je t'aime, et comme le 21 oct. a toujours été un jour de grande fête pour moi, j'avais toujours l'ambition d'être la première à te souhaiter ta fête. Aussi, te le rappelles-tu, la première chose que je faisais, avant même de m'habiller c'était d'aller faire toc, toc à ta porte pour être la première à souhaiter la fête de mon Célin.

Cette année, je crois que je vais être bien devancée, cependant je ne veux pas être la dernière, aussi j'arrive le matin. Je vais aller te voir cet après-midi à 3 heures; en l'honneur de ta fête, tu sais, il faut que tu me donnes un bon parloir. J'envoie les cadeaux de fête à ma petite Thérèse, j'arrive dans l'octave, il n'y a encore que demi-mal. Embrasse-là bien fort pour moi. Garde pour toi les plus gros baisers de ta petite chérie

Marie

Embrasse très, très fort, ma Mère chérie et mes deux grandes sœurs.

J'ai apris que ma Mère chérie était malade, je n'ai aucunes nouvelles d'elle depuis jeudi. J'espère qu'elle va bien maintenant… Cela m'a cependant fait un gros chagrin de la savoir malade… Le petit fourneau dont te parle Marthe n'est pas tien, c'est un que je lui ai acheté.

 

 

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