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De Marie Guérin à Céline. 21 octobre 1894

De Marie Guérin à Céline.

21 octobre 1894 bis

Bonne fête encore mon joli petit loup blanc.

Ce matin je t'ai donné comme bouquet ma communion, c'est-à-dire mon bon Jésus, que j'ai beaucoup prié pour toi.

Jeanne a été voir Léonie, depuis 3 jours il y a du mieux, la maîtresse des novices commence un peu à perdre courage et si ce mieux ne se maintient pas je ne sais ce qu'il adviendra. Cette pauvre Léonie a aussi de grandes tentations sur l'Eucharistie, elle doute de la présence réelle ; j'ai bien prié pour elle car elle me fait bien pitié. Du moment que la maîtresse des novices ne s'occupe pas d'elle pendant l'office, il paraît qu'elle le suit le plus mal qu'elle peut... Mais espérons que le mieux va continuer, c'est depuis la fête de la Bse Marguerite Marie qu'il y a du progrès.

Hier soi en revenant de te voir, j'ai trouvé M. Férouelle (Louis-Marie-Gustave Férouelle) à la maison. Il n'a pas perdu l'habitude de faire ses grands saluts jusqu'à terre, Papa l'a envoyé ce matin avec Francis à la messe de St-Désir, cela fait que je suis très tranquille. Quand il a appris ton entrée au carmel, il a dit que du moment que tu avais senti l'appel du bon Dieu, tu avais bien fait d'y répondre.

Que ma petite Thérèse se soigne bien, je lui ai trouvé la voix bien changée hier, aussi je l'ai consultée à Francis, Il faut absolument qu'elle se soigne ÉNERGIQUEMENT. Pour le moment il n'y a rien de grave mais cela peut le devenir d'un jour à l'autre et alors il n'y aura plus de remède. Tout à l'heure elle peut très bien se guérir mais pour cela il faut qu'elle se soigne sans relâche. Qu'elle fasse surtout beaucoup gillette (Je ne sais pas écrire ce nom-là, il n'est pas dans le dictionnaire). Il faudrait que ma petite Thérèse soit bien obéissante au médecin. Francis est spécialiste pour ces maladies-­là, aussi je le crois et ai très grande confiance en lui, il a guéri M. Férouelle d'une maladie qui était bien grave, il guérira aussi ma petite Thérèse. Je vais promettre une très grosse somme pour ma petite bourse à St Antoine afin que dans six mois ma petite sœur soit tout à fait guérie et bien portante. Elle y aura bénéfice car ce sera pour elle l'argent de St Antoine.

Pensez-vous à la neuvaine que je vous ai demandée hier ?

Je vous embrasse toutes bien fort.

Ta petite chérie

Marie

Papa recommande bien à Thérèse de se soigner ; quand je lui parle d'elle, il paraît inquiet.

Comment va ma mère chérie ? (Marie de Gonzague)... je fais demander de ses nouvelles à la petite portière (Thérèse). Embrasse-la bien fort pour moi et dis-lui que je l'aime beaucoup. Je lui envoie du bon bouillon: si j'avais pu lui donner une vertu particulière de guérison, je l'aurais fait, mais devant mon impuissance, je prie le bon Dieu de toutes mes forces pour qu'Il guérisse bien vite ma Mère chérie.

J'irai te voir mercredi ou mardi.

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