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Sr Agnès à Marie MSC - 15 août 1886.

Sr Agnès à Marie MSC. 15 août 1886.

 

Ma chère Marie, j'ai pensé à toi toute la nuit (nuit d’adoration eucharistique du 14 au 15 août) et mon coeur brisé hier matin s'est rasséréné au pied du Tabernacle, je ne sais quelle paix et quelle confiance ont envahi mon âme. Une voix me disait : « Pourquoi te troubles tu, est ce la volonté d'un homme ou la volonté de Dieu qui doit s'accomplir ? Si c'est la volonté de Dieu, elle est toujours précédée et suivie d'une paix profonde. » Et comme j’ai senti que rien n'était arrivé en tout cela que par la main de Dieu, je lui ai tout abandonné avec confiance.

Fais comme moi, ma Marie, toi que j'aime plus qu'on ne peut aimer. Voilà véritablement pour toi l'étoile de la vie, d'une vie nouvelle, l'étoile du matin baignée de larmes en son aurore, mais dont le coucher sera si beau. Tu es bien heureuse qu’un ange se soit trouvé sur ton chemin pour te montrer cet astre béni. Les Anges ne se font pas voir à tout le monde [v°] et il y en a un qui s'est montré à toi (le Père Pichon). Oui, tu peux bien dire ce que nous chantions hier à Matines : « J'ai mis mon espérance dans le Seigneur, c'est lui qui m'a parlé, quand même les montagnes se précipiteraient dans la mer, je ne serais pas troublée dans ma confiance... (citation libre de versets bibliques de l’office du 15 août)»

Mère Geneviève m'a dit qu'elle ne faisait que penser à toi. C'est une Sainte dont les prières valent bien quelque chose ! Elle me racontait que la Mère Aimée de Jésus (La fondatrice du Carmel de Coutances) dont elle était la Maîtresse à son Noviciat avait ressenti les mêmes combats que toi non seulement avant son entrée mais jusqu'à sa profession. « Eh bien, ajouta t elle, ce fut la plus heureuse Carmélite que j'aie connue. »

Adieu ma Marie, que je voudrais savoir si tu as le coeur aussi serré qu'hier. Notre Mère et moi nous ne faisons que prier pour toi. Je t'ai souhaité ta fête toute la nuit. La lettre du Père c’est un chant du Ciel (lettre du Père Pichon du 1/8/1886); j'y réfléchissais cette nuit. Il y a quelque chose du Cantique des Cant, quand l'Epoux appelle l'épouse et lui dit : « Lève toi ma bien aimée, ma colombe et viens te reposer dans la caverne du rocher (cf Ct 2, 13, 14) » 

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