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De sœur Agnès de Jésus à Sr Marie du Sacré-Cœur - 18 juin 1887.

De sœur Agnès de Jésus à Sr Marie du Sacré-Cœur 18 juin 1887.

 

J.M.J.T.

A bientôt, petite colombe chérie, voici le dernier mot du petit passereau. Oh ! que ma retraite a passé vite... Vraiment le repos n'est pas pour ce monde, et c'est bien pour le travail que nous sommes nés. Travailler et souffrir, ne cherchons rien en dehors de là.

Jésus m'a bien parlé pendant ma retraite, non pas que les consolations aient abondé, mais il y a un certain silence de l'âme où l'on entend et comprend bien des choses. J’ai vu que je devais continuer de veiller sur ma colombe blanche, de la consoler, de la soutenir. Mais il ne faut pas qu'elle se fâche contre le petit passereau s'il ne veut plus lui parler dans les chemins (cloîtres, escaliers, etc.), [v°] car Jésus l'a défendu. A moins que ce soit pour une commission où il ne faut répondre que oui ou non, mais pour un mot de l'âme il ne s'en dira plus jamais qu'au petit emploi de la peinture. De toutes les manières cela vaut mieux. Ce serait si beau si la colombe et le passereau ne se faisaient remarquer que par leur silence, si leur fraternité de nature d'âme, de cœur, de sentiments s'enveloppait dans un mystère inconnu de tous, mais d'autant plus beau et plus suave qu'il serait caché aux créatures.

Petite colombe, comprenez-vous ? Comprenez-vous que vous devez devenir une parfaite carmélite, une carmélite du temps de Sainte Thérèse, vraiment cachée en Jésus, mortifiée en toutes choses, si humble et si petite qu’on ne s'aperçoive qu'elle est là que parce qu'on la voit. Colombe aux ailes blanches, c'est ainsi que vous trouverez le vrai bonheur, ailleurs tout n'est que vanité. Volez dans cette voie dont Jésus a montré la beauté au petit passereau.

Volez, volez, colombe chérie, le Ciel est au bout du sentier.

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