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De sœur Agnès de Jésus à Marie du Sacré-Cœur - 16‑17 (?) mai 1888.

De sœur Agnès de Jésus à Marie du Sacré-Cœur. 16‑17 (?) mai 1888.

J.M.J.T.

Pauvre petite Colombe Vous me faites bien pitié et pourtant que je vous trouve heureuse Je vous souhaite d'être plus éclairée que je ne l'ai été à ma retraite de Profession. Je ne voyais pas la vie religieuse comme je la vois à présent. C'est si bien sacrifice de tous côtés. Mais tant mieux, puisque la Croix est le plus court chemin du Ciel...

Que la colombe ne roucoule que des chants d'allégresse ! Qu'im­porte le jour des Noces ! C’est à Jésus de le fixer et n'y a-t-il pas quelque chose de ravissant à voir l'empressement de [1 v°1 l'Epoux au‑devant de l'Epouse. On dirait qu'il lui tarde de lui être uni pour jamais. Il ne veut même pas attendre la fin de sa retraite, 9 jours c'est assez pour son Cœur.

Petite colombe chérie, ne pleurez pas parce que Jésus devance l'heure, je crois que ce ne serait pas bien... Laissez votre petite barque voguer au gré de l'obéissance, car c'est la voile de la paix.

Le Père ne sera pas là (il n'arrivere que le 22). Eh bien, je crois que pour ce moment de l'alliance divine, vous serez mieux [2 r°] avec Jésus seul, tout seul, l'absence de toute joie attirera sur votre âme les joies du Ciel, ces joies que les amertumes de la terre augmentent et fortifient...

Adieu petite Colombe, le cœur du passereau vous aime, mais il est dans un désert de sécheresse et d'aridité. C'est une terre sans eau que la mienne, je crois que l'ouvrage y est pour quelque chose . Enfin, qu'importe si l'âme est toute à Dieu.

[2 v°] Priez pour le passereau qui prie pour la colombe.

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