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De sœur Marie-Dosithée à Mme Martin, Marie et Pauline - 20 septembre 1872

De sœur Marie-Dosithée à Mme Martin, Marie et Pauline, 20 septembre 1872 

 

…(2r°) tenait point à cette pratique (D’après le contexte, il est question d’une blanchisseuse du Mans, sur laquelle Mme Martin comptait pour laver le linge de ses deux filles pensionnaires) il fallait lui porter le linge et quand on ne le portait pas il restait au tour : si j’avais su cela plutôt je ne l’aurais pas souffert si longtemps. L'hiver dernier, Marie avait dû garder une chemise 15 jours et lorsque pendant la grande chaleur du mois de Juillet on est encore venu me dire que Marie n'allait pas pouvoir changer de chemise je n’ai jamais pu m’y résigner et j'ai prié qu'on lui fît prendre une de ses robes de nuit, alors nos Sœurs eurent la charité de lui laver sa chemise le Samedi après-midi. Donc la blanchisseuse du pensionnat veut bien se charger de les blanchir (le linge qui n'a pas besoin d'être réparé, enfin comme l'autre et ce sera beaucoup plus commode).

Et vous, mes chères petites filles, vous voilà bien contentes : 8 grands jours de vacances de plus (la rentrée prévue le 2 octobre, fut remise au 9 à cause de réparation au Pensionnat),

profitez-en bien et quand vous rentrerez, vous travaillerez activement. Vos petites lettres m'ont fait bien plaisir, mais pourtant je vois que vous vous chicanez encore. Que vous avez donc grand tort, mes enfants ! Si tu voulais, ma pauvre Marie, cela n'aurait pas lieu mais il faut convenir que tu ne fais pas assez d'efforts pour te corriger, tu ne peux rien souffrir sans dire quelque parole désagréable  ou rapporter tout [2v°]. Cela n'est pas bien. Si tu savais, ma bonne petite, la consolation que j'aurais si tu voulais te corriger, tu le peux si tu le veux, procure-la moi ; bientôt ma chère enfant ma carrière sera terminée, et si tu savais ce que c'est peu de chose que la vie, il me semble encore me voir à l'âge où tu es maintenant avec mon Père, ma Mère et ma sœur qui est maintenant votre mère, eh bien cela semble un songe et ce songe finira bientôt, hélas les vies les plus longues ne sont que cela; peut être ma chère enfant seras-tu appelée avant moi à rendre compte de tes œuvres, fais donc en sorte qu'elles soient bonnes et si vous ne travaillez pas maintenant que vous êtes jeunes à vous corriger, vous ne le ferez pas plus tard.

Vous me demandiez mes chères petites quelles étaient vos maîtresses? mais ce sont les mêmes. il n'y a que ma sœur M. Gertrude (Sœur Marie-Gertrude Bigot (1838‑1919) de

changée. Vous aurez beaucoup plus de compagnes cette année. On sera obligé de les mettre dans un troisième dortoir.

  Cette bonne Sr Jeanne de Chantal a été bien malade, elle a reçu les derniers sacrements, maintenant elle va beaucoup mieux, mais on ne croit pas qu'elle puisse guérir, elle sera bien longtemps malade. je vous embrasse ainsi que votre mère et toute la famille.

Sr M. Dosithée Guérin

De la Von Ste Marie

           D.S.B.

Il faudra faire payer l'ancienne blanchisseuse, il y avait une enveloppe d'emballage qui je crois est à elle, tu verras si elle n'est pas à toi. 

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