Imprimer

De sœur Marie des Anges à Marie du Sacré-Cœur - 5 juillet (?) 1891.

 

De sœur Marie des Anges à Marie du Sacré-Cœur. 5 juillet (?) 1891.

+ J.M.J.T.
Ma petite fille aînée
(Marie du Sacré-Cœur quitte le noviciat ce 5 juillet ; elle en était la doyenne. Surtout, comme Marie
des Anges va l'expliquer, elle avait été la première postulante et novice formée par celle-ci, nommée
maîtresse le 3 février 1886) et bien-aimée, je trouve vos lignes empreintes de tels sentiments de
délicatesse qu'elles ont fait couler les larmes de celle qui vous paye d'un si large retour ! Je ne sens pas
moins que vous, ma petite enfant chérie, le sacrifice que le Bon Dieu nous demande car vous me ferez un
très grand vide, si habituée que j'étais à vous parler à cœur ouvert en toute franchise et confiance, sachant
que je [1 v°] pouvais tout vous dire, me reposer sur vous que j'aime tant.
Ne me parlez pas de peine, vous ne m'en avez jamais fait, et vous avez plutôt fait ma joie. Voyant dès
les premiers jours de votre arrivée ici combien Dieu vous aimait et combien vous l'aimiez ! Ayant de
suite compris votre âme je m'y suis attachée comme une mère à son petit enfant chéri et cette âme me
demeurera à tout jamais mille fois chère ; elle a été la première que le Bon Dieu m'ait donnée à conduire
et à ce titre elle [2 r°] aura toujours ma prédilection. L'image ci-jointe (non identifiée) vous dira mieux
que moi ce que Jésus veut de vous ! Vous y puiserez force et courage dans les luttes quotidiennes de
votre pèlerinage ici-bas. Oui plongez-vous dans l'infini de Dieu, tout le reste est indigne de votre cœur,
et ne pourra le contenter. Laissez là tout ce qui est de la terre, tout ce qui n'est pas Dieu, dépouillez-vous,
appauvrissez-vous de tout pour vous revêtir du tout suprême et vous transformer en lui ! Laissez-vous
travailler par le maître divin, ayez [2 v°] confiance qu'il couronnera votre bonne volonté en achevant ce
qu'il a si bien commencé en vous.
Nous resterons toujours unies, ma chère Marie du Sacré-Cœur, mon aînée, ma bien-aimée. Mon cœur
vous demeurera celui d'une Mère et vos peines et vos joies continueront d'y trouver un écho retentissant.
Que Jésus, le lien de nos cœurs, vous bénisse pour moi et vous assure de mon cœur pour le temps et
l'éternité.

Votre toute dévouée petite Maîtresse qui vous chérit,
Sr Marie des Anges

Retour à la liste des correspondants