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De sœur Marie du Sacré-Cœur à Thérèse - 7 (?) janvier 1889

 

De sœur Marie du Sacré-Cœur à Thérèse.

7 (?) janvier 1889

Je ne m'étonne pas que le petit agnelet si cher à Jésus ne trouve rien ici-bas pour contenter sa faim. Il n'y a rien ni pour le lion, ni pour l'agnelet. La source rêvée c'est le Cœur de Jésus, la fontaine jaillissante où nous pourrons boire à longs traits dans une extase sans fin c'est la Patrie! C'est le Ciel! Ici-bas, la croix, ici-bas l'exil, le désert aride. L'enfant Jésus sur sa paille ne le dit-il pas à sa petite fiancée chérie. Qu'est-il venu chercher en ce monde où il a été si peu aimé après avoir tant aimé! Une croix pour mourir! !... Enfant chérie, jamais nous ne souffrirons autant que Jésus, jamais nous ne connaîtrons comme Lui le jardin de l'agonie. Il nous donne bien quelques gouttes de son calice mais il s'est réservé pour Lui tout le fiel. - Il ne parle pas au cœur de sa petite fiancée. Ah! le langage de Jésus ce n'est point celui des époux de la terre. Quelquefois c'est le silence AUX PLUS BEAUX JOURS, on dirait qu'il veut se cacher. Pourquoi donc? C'est Lui seul qui sait les mystères ravissants de l'autre vie et quels trésors de grâces, quels diamants précieux il amasse pour ses épouses alors qu'il les appellera au banquet éternel. C'est pour cela qu'il ne nous dit rien ici-bas souvent, c'est pour cela qu'il se tait! Ce court instant de la vie passera si vite et le vrai jour des noces sera si beau que Jésus n'y regarde pas avec nous pour nous envoyer la souffrance. Il en a faim et soif afin de mieux nous couronner. Que le petit agnelet s'endorme dans le cœur de son petit Jésus. Et que jusqu'au Ciel elle demeure son petit jouet cher entre tous.

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