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De sœur Marie du Sacré-Cœur à Céline - 20 octobre 1888.

De sœur Marie du Sacré-Cœur à Céline. 20 octobre 1888.

 

Jésus

Samedi

Ma Céline chérie,

Je te souhaite une bonne fête et je suis bien privée de n'avoir rien à t'offrir. Si encore j'avais un petit bouquet mais toutes les fleurs sont gelées, je suis pauvre comme Job. J'avais pensé à t'écrire les passages de la retraite que tu m'avais demandés, impossible hier soir, enfin me voilà sans rien avec [v°] cette seule pensée du Père dont je me souviens pourtant: « Comme le bon Dieu est heureux quand il voit une petite âme toute abandonnée à son bon plaisir» (P. Pichon). Que ce soit là le bouquet de fête de mon petit Célin. Si le Père part, nous nous abandonnerons de notre mieux au bon plaisir du bon Dieu. Et puis nous ne le quitterons pas pour cela. Quand je te verrai je te dirai quelque chose à ce sujet. Mais [2 r°] je n'ai pas le temps tout de suite, j'entends qu'on monte le linge au grenier, je me suis échappée un instant, il faut à présent que je rejoigne l'armée. (toute la communauté qui étend, dans les greniers, la lessive lavée la veille).

Remercie bien papa de ses bons harengs, de tout, dis-lui qu'il ne se prive pas de son raisin cela me fait du chagrin. A bientôt mon petit Célin devenu grand! et maintenant notre consolation à tous.

[2 v°]Mme de Bouillon a été ravie. (Mme de Bouillon, née Thérèse Davy de Virville, est la plus jeune sœur de Mère Marie de Gonzague. Céline a-t-elle exécuté un travail de peinture à son intention?)

Un baiser à ma petite Léonie.

Quand tu nous écris, il faut mettre sur tes adresses Sr et non pas Marie du S. Coeur tout court.

A toi toute mon affection.

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