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De sœur Marie du Sacré-Cœur à Céline - 4 (?) avril 1889.

De sœur Marie du Sacré-Cœur à Céline. 4 (?) avril 1889.

 

Ma petite Céline, à l'instant nous recevons ta lettre, prions, prions qu'il n'arrive pas de malheur à ce bon petit Père. Pour cette grâce-là sans aucun doute NOUS POUVONS l'obtenir. Pour l'interdiction, je ne veux pas dire ma pensée à mon onde puisqu’on ne nous en a pas parlé mais je trouve que c'est jeter l'argent par la fenêtre d'aller le dépenser pour une interdiction. Je ne crois pas que ce pauvre petit père vive bien longtemps, en tout cas il ne sera jamais bien, tu vois qu'il n'y a eu que 8 jours de bien (du 17 au 24 mars), après il est retombé malade, il n'y a donc rien à craindre qu'il reprenne la direction de sa fortune.

Tu devrais écrire tout de suite à mon oncle pour lui dire cela mais comme venant de toi ne nous mêle pas là-dedans, les religieuses font toujours mieux de rester incognito. Notre Mère trouve aussi que c’est bien inutile - Tu fais bien de ne pas t’absenter, tiens bon.

Mes chères petites sœurs, prions Jésus de nous protéger jusqu’à la fin ! Ma Céline chérie, n'épargne pas tes lettres, nous sommes toujours sur le qui vive. Ah ! quelle pauvre terre ! quelle confusion, quel chaos de maux ! Mais bientôt la Patrie viendra et alors quelle gloire répondra à la peine, à l’humiliation! « Les souffrances de cette vie n’ont aucune proportion avec la gloire future qui en est le prix. (2 Co. 4, 17) » Méprisons la vie, méprisons le monde. Jésus s'y est pris de façon à nous faire tourner nos regards seulement du côté du Ciel !

M. du S.C.

 

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