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de Marie (Marie du Sacré-Cœur) à son père M. Martin - 17 mai 1888.

 

de Marie (Marie du Sacré-Cœur) à son père M. Martin 17 mai 1888.

 

Jésus !

Carmel Jeudi

Mon petit Père chéri,

Je viens te demander pardon de toutes les peines que j’ai pu te faire dans ma vie. Je quitte ma solitude tout exprès pour cela. Ne refuse pas à ton diamant ton pardon et ta bénédiction. Ah ! c’est bien doux de venir à la veille d’une pareille alliance réclamer le pardon d’un père tel que le mien. C’est bien doux au diamant d’aller s’enchâsser dans le cœur de Jésus et non point dans celui d’un époux mortel ! Et c’est bien glorieux au vénéré patriarche d’être l’objet [l v°] en ses enfants d’un pareil amour. O mon cher petit Père, quel bonheur est le mien ! Le monde n’y comprend rien et c’est inutile d’essayer à le lui faire comprendre. « C’est le secret du Roi et le secret des âmes qu’Il appelle à Lui ! Heureuses âmes qui ont trouvé vraiment la perle cachée, le trésor enfoui dans le champ et que peu découvrent. . . Oui, tout vendre pour l’acheter, tout quitter ! Et c’est encore trop peu.

C’est mardi que je ferai profession, ce qui n’empêchera pas la cérémonie de la prise de voile d’être le lendemain. Mais Notre Mère trouve qu’il vaut mieux que je fasse profession la veille, je serai plus tranquille, plus [2 r°] au bon Dieu. Si vous voulez tous venir à la Messe au Carmel, ce sera à 7 heures comme à l’ordinaire. Prie bien pour moi d’ici là mon cher petit Père afin que je me prépare de mon mieux à devenir l’épouse du Roi des Cieux, de Celui dont parle Ste Agnès lorsqu’elle dit: « J’ai déjà un fiancé qui m’aime et que j’aime. Mon fiancé à moi est Celui que servent les anges et dont les astres du Ciel admirent la beauté.

Adieu mon petit Père chéri, ta grande, ta première te demande encore une fois pardon et veut plus que jamais devenir le diamant de ta couronne.

Marie du Sacré Cœur

[2v°] Si nous pouvions avoir la crème et les galettes pour le mardi cela vaudrait mieux que le lendemain car le lendemain c’est quatre-temps (le 20 mai en 1888) et nous ne pourrions pas manger de gâteaux ni de crème. Que ma petite Céline le dise à ma tante car le mercredi ce serait peine perdue de nous envoyer quelque chose.

Merci à mon cher petit père des bons maquereaux etc... etc... car c’est la chaîne sans fin que ses bontés pour nous!

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