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de Marie (Marie du Sacré-Cœur) à son père M. Martin - 31 décembre 1888.

 

de Marie (Marie du Sacré-Cœur) à son père M. Martin 31 décembre 1888.

Jésus! Carmel 31 Décembre 88

Mon petit Père chéri,

Pour toi le Cœur de Jésus tout entier! Ah ! ce n’est pas de trop pour tes étrennes. Ton diamant ne veut t’offrir que cela. Il ne trouve rien de digne de toi que Jésus. Ni plus, ni moins, Lui c’est tout! Que Jésus te garde, que Jésus te réjouisse, que Jésus soit par avance ton ciel anticipé. « L’âme du juste est un festin perpétuel » (Pr 15, 15) [1v°] En attendant le festin du Ciel, ô mon petit Père bien-aimé, sois donc toujours en festins. Tu le mérites ! que Jésus te rassasie de ses joies à Lui, qu’Il te comble de ses biens mille fois préférables à tous les biens de cette pauvre terre. Ton diamant dès ici-bas voudrait te couronner ! Et la couronne après tout n’est-elle pas commencée ? N’y a-t-il pas trois fleurons déjà dans la main du divin ouvrier ? Au Carmel nous trois ne travaillons-nous point à ta couronne ? Jésus n’est-il pas de la partie ? Oh ! comme Il s’y connaît bien. Quel merveilleux ouvrage il [2 r°] fera dans nos âmes si nous n’y mettons point d’obstacle. Et puis les deux perles qui scintillent aux Buissonnets ne faut-il pas les compter aussi ? Et notre petite Mère au Ciel et les quatre anges envolés ! .. Quelle belle couronne pour le vieux patriarche à cheveux blancs. Il y a de quoi rajeunir ! je ne m’étonne pas qu’au Ciel en présence de toutes les joies que Dieu nous y a préparées, en possession de Lui-même on tombe dans une extase sans fin. Quand on y songe sérieusement, dès ce monde l’extase commence. Quel bonheur d’être au bon Dieu! Quel [2 v°] privilège! Mon petit Père sur ce chapitre, je ne tarirais pas je me trouve si heureuse, si heureuse de mon sort. Le monde peut bien se moquer de nous et ne pas nous comprendre. En attendant nous possédons ce qu’il ne possède pas. Quelle brillante alliance ! Quel avenir désirable. Etre l’épouse du roi des rois ! Quel honneur! Et qu’avons-nous fait pour le mériter ?

A bientôt mon petit Père chéri, si cher à ton diamant. Bonne et sainte année ! je t’envoie pour étrennes avec Jésus tout le bonheur dont mon cœur est rempli.

A toi pour toujours,

Ta grande, ta première

Marie du S. Cœur

[2v°] Merci du bon poisson et des bons oignons !

 

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