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De soeur Marie du Sacré-Coeur à Céline - Fin mai (?) 1889.

De soeur Marie du Sacré-Coeur à Céline

Fin mai (?) 1889.

 

Ma Céline chérie, ce n’est pas cette casserole mais celle en fonte qui a une anse de chaque côté et dont on se servait tous les jours. Si Maria pouvait nous l'apporter avec une bouteille de sirop. Je voudrais bien avoir la bouteille demain matin, je suis si heureuse quand quelqu'un que j'aime. (Mère Marie de Gonzague) a autre chose que de l'eau à boire. Et je n'ai plus rien, pas un sou dans ce monde, mon attente est en toi seule et ma pauvre petite Léonie.

Célin chéri, ne pleure pas... la vie est un songe... une nuit... moins que cela, un éclair, rien ! auprès de l'éternité. Un jour nous nous réjouirons d'avoir souffert. A l'heure de la mort ce sera notre seule [v°] richesse, la seule que nous puissions emporter par delà la tombe. O petite sœur chérie, à la lumière de cette épreuve, lumière éclatante entre toutes, vois donc le néant des misérables joies de cette pauvre vie. Et comme on ne peut vivre sans bonheur, pense au bonheur qui n'a point d'expression pour se traduire, à celui que le « coeur de l'homme ne peut comprendre, que son œil n'a point vu (1 Co 2, 9)», au bonheur du Ciel ! Méprisons la vie ! La Ste Vierge a encore plus souffert que nous lorsqu'elle a vu son Jésus crucifié, mourant dans d'atroces souffrances. Après cela, pouvons-nous nous plaindre ? Ne vois-tu pas que Jésus nous traite comme les privilégiés de son coeur.

M. du S.C.

PS de Mère Marie de Gonzague.

[r°tv] Ma Céline, attendez la réponse de M Valléepour la rapporter : avec vous toujours mon petit Célin.

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