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De Mère Marie de Chantal Fleuriot à M. Guérin - 9 octobre 1876

 

De Mère Marie de Chantal Fleuriot à M. Guérin. 9 octobre 1876.

 

V. + J.

De notre Monastère du Mans,

                                                                 9 octobre 1976

                   Cher Monsieur,

            Nous croyons plus prudent de ne point remettre à notre bien-aimée Sœur Marie‑Dosithée votre bonne lettre , et nous venons à son insu vous prier d'avancer votre voyage, s'il vous est possible, car les progrès du mal sont si rapides depuis quelques semaines que nous craignons que cette chère soeur ne soit bien affaiblie dans quinze jours. Son énergie la soutenant elle peut encore faire quelques allées et venues dans la maison mais à l'aide d'un bras et d'un bâton; la fièvre augmentant chaque jour, les forces décroissent, et malgré tous les soins et le grand désir que nous aurions de prolonger encore cette chère existence, nous n'osons espérer posséder longtemps notre bien-aimée sœur. Vous connaissez assez, cher Monsieur, la grande affection qu'elle vous porte, ainsi qu'à votre cher entourage, pour être sûr de la consolation que votre visite [1v°] lui causera; nous désirerions bien afin qu'elle pût sans trop de fatigue, passer avec vous quelques bons moments, que vous puissiez venir cette semaine ; plus tard, peut-être notre chère malade serait-elle incapable d'être transportée au parloir. C'est le cœur bien triste que nous vous écrivons ces lignes, cher Monsieur, sachant la peine qu'elles vont vous causer, et que nous ressentons nous-mêmes. C'est en Dieu que nous chercherons mutuellement l'allégement de ce commun sacrifice et nous le prions de vous donner d'avance, Monsieur, les grâces de force et de résignation dont vous avez besoin.

Veuillez agréer, cher Monsieur, l'assurance de nos sentiments pleins de sympathie et de notre religieux dévouement.

Sr Marie de Chantal Fleuriot

Supérieure de la Visitation Ste Marie

D. S. B.

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