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De Mme Martin à Mme Guérin CF 107 - 20 août 1873.

 

Lettre de Mme Martin CF 107

A Mme Guérin

20 août 1873.

Je n'étais décidée à partir pour Lisieux que dans la der­nière quinzaine de septembre, mais puisque cela vous arrange mieux, nous avancerons au 30 courant et prendrons le train de onze heures. J'aurais désiré voir toute votre famille et je regrette le contretemps qui se présente, car il m'est impossible de partir plus tôt, à cause d'un envoi de dentelles que je dois faire

Les enfants sont bien tristes de penser qu'elles ne verront pas Marguerite Maudelonde, elles me supplient de partir samedi, mais je ne le puis. Ne serait‑il pas possible de rejoin­dre vos parents à la campagne, au lieu d'aller à Trouville, comme vous en aviez l'intention ? Pour moi, je sacrifierais bien volontiers le plaisir de voir la mer, pour rencontrer votre famille.

Ainsi, c'est entendu, si cela ne dérange personne, nous irons passer un jour à la campagne. Pauline veut absolument que Marguerite soit sa cousine; elle déclare que Jeanne étant sa cousine germaine et aussi celle de Marguerite, il est impossible que cette dernière ne soit rien pour elle. I1 est donc convenu que Marguerite est la cousine de tout le monde !

Nous avons eu un pèlerinage à Alençon, le jour de l'Assomp­tion. Les trois paroisses étaient réunies, ainsi que trois paroisses des environs; il y avait cinq à six cents jeunes filles en blanc. Ce pèlerinage se rendait à la Chapelle de Notre‑Dame de Lorette, aux portes de la ville. I1 y a eu bien des paroles de dites à ce sujet. On prétend que c'est pour obtenir la restauration d'Henri V.

En attendant, j'ai vu des hommes passer en bousculant la foule, la menace à la bouche, disant: « On la sauvera la France, nous ! »

Adieu, ma chère soeur, bientôt nous aurons le plaisir de nous revoir.

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