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De Mme Martin à Mme Guérin CF 166 - 20 août 1876.

 

Lettre de Mme Martin CF 166

 

A sa Belle‑Soeur

20 août 1876.

J'ai appris avec plaisir que vous étiez tous rentrés à Lisieux en bonne santé. J'ai peur seulement que vous ne soyez fâchée contre moi de ce que je n'ai pas voulu vous donner Marie et Pauline. Cela me fait de la peine de vous avoir contrariée. Mais je regrettais de voir partir Pauline, qui est là pour si peu de temps; j'ai beaucoup à m'occuper d'elle en ce moment, il faut que je lui renouvelle son trousseau pour la prochaine année.

Elle est bien triste aujourd'hui, car nous avons reçu une lettre de sa tante du Mans, qui nous dit très peu de choses mais ce peu en dit beaucoup. Elle avoue qu'elle s'affaiblit de plus en plus, bien qu'elle croie pouvoir aller encore quelques mois; on ne lui fait plus de remèdes, cepen­dant toute la Communauté l'entoure des soins les plus affec­tueux. Elle demande que Marie aille à la retraite, l'an pro­chain, parce qu'elle aura ainsi la consolation de prier sur sa tombe !

Tout cela, vous le pensez bien, ne nous a pas mis la gaieté au cœur, aussi avons‑nous été attristés toute la journée. Je ne vous aurais pas écrit ce soir, car il est tard, mais je crains que le vin de Malaga que vous aviez promis d'envoyer à ma soeur n'ait été égaré. Elle a l'air bien sensible à la manière affectueuse dont vous le lui avez offert, et paraît le désirer.

Vous me demandez des nouvelles de ma belle‑mère ? Elle est entièrement remise, ce n'était qu'une indisposition.

Adieu, ma chère soeur, pardonnez‑moi de vous avoir fait de la peine, je tâcherai de compenser l'année prochaine mais, si vous m'en vouliez jusque‑là, j'en serais affligée ! Mille baisers aux petites; la lettre de Jeanne est charmante.

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