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De sœur Marie de l'Eucharistie à Mme Guérin. 11 août 1897.

11 Août 1897

Ma chère petite Mère

Je viens de lire la lettre que tu as écrite à Léonie et je suis contente que vous ayez trouvé un bon hôtel à Vichy. Cette première lettre m'a fait grand plaisir parce que maintenant je suis tranquille et sur votre voyage et sur votre séjour à Vichy où j'espère, vous vous trouverez bien sous tous les rapports et ne vous y ennuyerez pas trop. Amusez-vous beaucoup tous les deux, prenez le plus de distractions possibles, ne vous refusez aucun plaisir ni aucune commodité surtout, vivez largement [lv°] cela fera grand plaisir au bon Dieu, II saura bien remplir la bourse après. Vous ne pourrez faire plus de plaisir à notre Mère et à votre petite fille qu'en agissant ainsi. Le contraire leur ferait grand peine. Au Carmel on ne manque de rien; depuis que j'y suis, je ne me suis jamais aperçue qu'il me manquât quelque chose. Je vis vraiment dans l'abondance, ce que je dis là est pure vérité.

Notre petite malade est toujours dans le même état, je n'ai aucun détail nouveau à te donner, ce sont toujours les mêmes. Ce qui fait un peu plaisir c'est qu'elle ne crache plus le sang.

L'aîné des fils Denis est venu nous voir hier; tu sais qu'il va être prêtre au mois de septembre, peut-être le 18, il ne sait pas encore au juste la date. Il nous a confié un gros secret ; il a l'intention de demander à Monseigneur de vouloir bien faire l'Ordination à Lisieux, n'étant que deux Ordinands lui et le fils Petit et étant de Lisieux. Mais il nous a demandé là-dessus le plus grand secret n'ayant encore rien dit à Mgr. J'espère que tu seras rentrée à ce moment, car c'est une cérémonie que l'on voit rarement et qui, paraît-il, est bien belle.

L'abbé Denis a été très aimable, il nous a demandé la faveur de dire une de ses premières Messes au Carmel pour la Commu­nauté et nos intentions ; puis il nous a promis que sitôt après son Ordination il dirait une messe pour notre famille et que tous les jours nous aurions un Memento spécial à la Messe.

C'est bien rare, n'est-ce pas, ma chère petite Mère que j'aie des nouvelles à t'apprendre, peut-être les as-tu déjà apprises, mais en relisant ma lettre je m'en trouve tout ahurie, c'est si rare!! Des nouvelles au Carmel! Il y en a une bien triste, c'est la mort de Mme Conil Lacoste que tu dois bien connaître.

Ma Sr Th. de l'Enf. Jésus a offert à notre Mère les petites tablettes de chocolat que tu as rapportées d'Evreux ; on a avancé la fête parce qu'on craignait qu'elle soit plus malade le jour de l'Assomption Notre Mère a été bien touchée de cette délicate attention que tu as eue pour elle à propos de sa fête de l'Assomp­tion et elle me charge de te témoigner toute son affection et sa reconnaissance. Chaque petite tablette est séparée en six petites tablettes microscopiques avec Potin écrit dessus ; c'est charmant, une vraie miniature, et ma Sr Th. de l'Enf. Jésus tirait chaque petit paquet et l'offrait à notre Mère ; ces cinq petits paquets n'en finissaient pas, c'était une vraie procession.

Pour la glace nous sommes bien touchées de cette délicatesse de vouloir la payer, notre Mère vous trouve trop bons et ne vou­drait pas accepter, mais moi je ne suis pas de même, je vous trouve aussi excellemment bons, mais j'accepte avec plaisir, car ce remède n'est guère un remède de carmélite à cause de son prix....

Je t'envoie, ma chère petite Mère, mon plus gros baiser ainsi qu'à mon petit Père et je vous envoie toute mon affection qui est immense.

Ta petite fille  Marie de l'Eucharistie
r.c.i.
Toutes les petites filles envoient leurs baisers, la petite malade en particulier.

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