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De sœur Marie de l'Eucharistie à Mme Guérin. 22 août 1897.

 

22 Août 97

La maladie de petite Reine suit son cours; elle est arrivée à une excessive faiblesse dont on ne peut se faire une idée ; elle ne peut plus rien faire toute seule. Elle souffre beaucoup dans les articulations, puis elle a toujours très mal dans les deux côtés. Pour te prouver que la maladie s'aggrave, je te dirai qu'elle est obligée de se priver du bonheur de recevoir le bon Dieu. Elle le recevait tous les deux ou trois jours, mais à présent, si elle le peut, ce sera une fois la semaine. Lorsqu'on lui apporte la Ste Eucharistie nous entrons toutes en psalmodiant le Miserere ; la dernière fois elle était si faible que de nous entendre a manqué de lui prendre sur les nerfs ; elle souffrait le martyre.

Ce matin pour mon anniversaire (Marie a 27 ans)  elle m'a donné une image qu'elle a voulu signer. Elle en a eu tout ce qu'elle pouvait faire, elle a cru ne pas pouvoir achever. Aussi elle ne peut pas répondre à la lettre de Papa, ce qui lui fait beaucoup de peine ; elle m'a dit : - « Vous ne saurez pas exprimer tout ce que je sens, vous ne leur direz pas assez combien je les aime et combien je suis touchée de leur affection.» Elle ne se lassait pas de l'en­tendre cette lettre, il fallait voir sa jolie petite figure pensive pendant que je lisais, il a fallu que je recommence plusieurs fois, elle ne s'en rassasiait pas et disait: «Oh! qu'il est bon mon oncle, qu'il a une grande âme!» Mais pour dire ces quelques paroles, elle est obligée de s'arrêter une minute entre chaque mot à cause de l'oppression.

P. S. - Notre petite Thérèse est bien souffrante cet après-midi, elle est prise de douleurs dans les intestins, elle ne peut entendre parler ni remuer autour d'elle. Quant à l'oppression et à la fièvre c'est toujours la même chose. Elle ne crache pas le sang.

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