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LT 67 - A Mme Guérin - 18 novembre 1888

18 novembre 1888

J.M.J.T.

Ma chère Tante,

 

Permettez à votre petite fille de venir aussi vous offrir ses faibles souhaits ; ils vont vous paraître bien peu de chose comparés à ceux que vous avez déjà reçus, mais n'importe, son coeur ne peut s'empêcher de dire à sa Tante chérie combien elle l'aime.

Ce matin dans ma Communion j'ai beaucoup prié Jésus de vous combler de ses joies ; hélas ! ce n'est pas ce qu'il nous envoie depuis quelque temps, c'est la croix, la croix seule qu'il nous donne pour nous reposer... Oh ! ma Tante chérie, s'il n'y avait que moi à souffrir, cela ne me ferait rien, mais je sais la large part que vous prenez à notre épreuve, je voudrais pour votre fête vous enlever tout chagrin, prendre pour moi toutes vos peines. C'est ce que je demandais tout à l'heure à celui dont le coeur battait à l'unisson du mien. Je sentais alors que tout ce qu'il pouvait nous donner de meilleur était la souffrance, qu'il ne la donnait qu'à ses amis de choix ; cette réponse me prouvait que je n'étais pas exaucée car je voyais que Jésus aimait trop ma Tante chérie pour lui ôter la croix !...

Je suis bien touchée, ma Tante, du beau gâteau que vous nous avez envoyé, au lieu que nous vous souhaitions votre fête, c'est vous qui nous la souhaitez ; c'est vraiment trop ! Je n'ai à offrir à ma Tante chérie qu'une pauvre petite image, mais j'espère qu'elle voudra bien regarder l'intention de sa petite fille.

Au revoir, ma Tante chérie, il me semble que pendant l'épreuve vous êtes encore plus près de votre

 

petite fille
Thérèse de l'Enfant Jésus
post.carm.ind.

 

 

 

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