Imprimer

De sœur Marie de l'Eucharistie à sa mère. 28 février 1897.

 

De sœur Marie de l'Eucharistie à sa mère. 28 février 1897.

 

+Jésus

                                                                 J.M.J.T.

28 fév. 1897

           Ma chère petite Mère,

           Je suis bien contente de trouver une occasion pour venir un peu distraire ma petite Mère. - Les grandes grâces ne s'acquièrent que par la souffrance, tu sais, ma chère petite Mère, et comme je ne dois la grâce si insigne de ma vocation qu'à la vertu et aux mérites de mes chers Parents, le bon Dieu les choisit de préférence pour les marquer du sceau de son amour qui est la souffrance. Il faut bien que la [lv°] petite fleur que tu as élevée et cultivée pour Jésus devienne encore plus éclatante de blancheur et rayonne de beauté pour être moins indigne d'être offerte à son divin Époux, Jésus. Aussi, chaque fois que je vois la souffrance, la croix, venir visiter ceux que j'aime tant, je me dis : Jésus veut encore rendre plus éclatante la beauté de la pauvre petite fleur qu'il a bien voulu choisir, car de nouveau la souffrance vient embellir sa couronne, car ne sommes-nous pas unis plus que jamais et dans nos souffrances et dans nos mérites. Vous n'avez tous les deux qu'un désir, qu'une [2r°] gloire, c'est de me voir arriver à la perfection... et pour cela, que sont les sacrifices, la souffrance... oh! rien, quand on aime comme vous aimez votre pauvre petite fleur.

           Ma chère petite Mère, je viens encore quémander comme l'on dit. Tu sais qu'au moment de la Profession ordinairement on donne une pièce de toile (pour le trousseau de la nouvelle professe. La toile servait entre autres, à confection­ner les toques ou guimpes)... Il arrive justement qu'en ce moment-ci nous sommes excessive­ment pauvres sous ce rapport, nous aurions grand besoin de nous remon­ter en fait de lingerie, car nous pourrions dire, comme ce pauvre petit Père, que sous ce rapport nous [2v°] tirons le diable par la queue et je crains qu'un de ces quatre matins elle ne nous reste dans la main. Alors donc, étant habituées à être toujours les petits enfants gâtés de papa et de maman, sachant qu'ils ne nous refusent jamais rien et qu'ils font toujours plus qu'il ne faut, j'ose demander non pas une pièce de toile mais deux ! ! ! !... Oh! la petite gourmande de petite fille!... 2 pièces de toile... Nous avons les échantillons d'un marchand qui fournit toujours la toile aux Carmels, alors nous t'enverrons ce que notre Mère choisit et tu voudras bien faire la commande et ce qui est le plus important surtout ce sera de nous payer cela... Merci. Merci à l'avance... Pour te remercier, je t'envoie mon fameux Baptiste (composition comique de sœur Marie de l'Eucharistie) pour te distraire. Pour qu'il soit bien amusant, il ne faut pas se contenter de le lire, mais il faut le chanter.

Ta petite fille qui te dévore de baisers, ainsi que son cher Petit Père,                                                                                              Marie de l'Eucharistie

r°tv] Les cinquante ans de M. Boutin (poésie composée pour le jubilé d'or de sœur Saint-Stanislas, par M. l'abbé Boutin, curé de Saint-Étienne-du-Bois (Vendée), conseiller spirituel de sœur Marie-Emma­nuel) se chantent sur l'air de « Dieu de Paix et d'Amour », un couplet fait le refrain et l'autre le couplet, et ainsi de suite. De même pour : « Ma joie », qui se chante sur l'air de « Rêve, parfum ou frais murmure », etc. (on a communiqué aux Guérin la récente poésie de Thérèse, PN 45. L'air choisi a pour titre exact : « Où vas-tu, petit oiseau? » (Séguret et Amat). Je t'enverrai Baptiste un autre jour.

Retour à la liste des correspondants