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De Léonie à Mme Guérin - 26 juin 1886.

De Léonie à Mme Guérin. 26 juin 1886.

 

Ma bien chère Tante

Si vous saviez combien, j'ai été touchée quand j'ai lu dans la lettre de Marie, que vous m'auriez écrit, si vous n'aviez eu peur que votre lettre, ne fût trop lourde ; il ne sera pas dit, que ce sera vous qui com­mencerez, j'en serais honteuse ; je suis bien heureuse d'avoir une occa­sion, pour m'entretenir quelques instants avec ma bonne Tante.

C'est demain que la famille souhaite la fête de Mr Fournet [on anticipe au dimanche 27 la fête de M. Pierre Fournet, père de Mme Guérin.], mon Oncle, ayant oublié de vous l’écrire, il a chargé Marie, de vous en faire part, mais elle n'a pas le temps parce qu'il faut qu'elle aille au marché, alors c'est pour cela que je prends sa place [1 v°] avec plaisir.

Nous allons souvent voir mon Oncle, qui n'a pas le temps de s'en­nuyer, car il est accablé d'ouvrage, il a même demandé à Marie, d'aller lui aider la semaine prochaine à faire des notes ; si je pouvais moi, cela me ferait bien plaisir d'aider mon bon Oncle, mais je suis trop ignorante pour cela. Il ira vous voir mardi, ou mercredi avec Marie, qui s'en fait une grande fête, ce sera à moi la prochaine fois.

Quel bonheur de passer une journée avec vous J'ai appris que ma chère petite Marie allait beaucoup mieux, depuis qu'elle était au bord de la mer ; dites lui que je veux qu'elle laisse sa maladie à Trouville, en partant à Lisieux, dites lui aussi ainsi qu'à ma bonne petite Jeanne, que je pense bien à elles et que je les aime beaucoup.

Et vous, ma chère Tante, j'espère que vous allez bien, il ne faut pas que vous vous donniez de la fatigue comme l'année [2 r°] dernière, il faut que vous profitiez tout à fait du bon air de la mer ; je vous désire beaucoup de plaisir, du beau temps, mais pourtant pas trop de chaleur, parce que vous en seriez trop souffrante.

C'est bien ennuyeux que les belles fêtes du saint Sacrement se passent sans vous, cela me semblera bien drôle demain de ne pas vous voir et de ne pas être avec vous à la procession. Je voudrais bien que le mois de Juillet soit passé, pour vous voir revenir au milieu de nous, car Lisieux, est bien triste quand vous n'y êtes pas ; enfin ce qui me fait prendre votre absence en patience, c'est la pensée que j'irai vous voir, c’est dans cet espoir que je vous quitte en vous embrassant bien tendre­ment de coeur, en attendant l'heureux jour, que je passerai avec vous.

Votre nièce, qui vous aime de tout son coeur

Léonie

enf. de Marie

Lisieux le 26 Juin 1886.

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