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De Marie à Mme Guérin - 15 24 août (?) 1886.

De Marie à Mme Guérin. 15 24 août (?) 1886.

 

Ma Tante chérie

Comment vous écrire ce que j'ai à vous confier et comment vous le dire sans vous l’écrire ? Il me semble que mes paroles et ma plume vont me refuser ce service et pourtant mon coeur a besoin de parler ! Je me trompe Ce n'est pas moi qui dois parler, mais Dieu, et Dieu tout seul.

C'est à Lui de vous dire ses miséricordes et pas à moi. Qui me croira ?... Eh bien ! la voici pourtant la miséricorde du bon Dieu. Il m'appelle à Lui, moi, plus indigne qu'une autre de cette grâce ! Ma Tante chérie, je [v°] l'ai trouvé bien des fois trop amère cette miséri­corde de Dieu, mais il faut pourtant y répondre quelque dure qu'elle soit. La vie c'est le voyage à l'éternité ! Qu'il soit riant ou triste, qu'importe si c'est la volonté de Dieu. Avant tout, la volonté de Dieu ! O mes parents bien aimés, elle est manifeste pour moi ! Et si ma pauvre vie a été telle que vous ne pouviez y croire, je vous en demande pardon.

Mon coeur, pétri pour vous de reconnaissance et de tendresse, vous gardera à jamais le plus filial amour.

Votre fille aînée

Marie.

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