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De Mme Martin à Mme Guérin CF 106 - 20 juillet 1873.

 

Lettre de Mme Martin CF 106

 

A Mme Guérin

20 juillet 1873.

Je profite du passage de M. Adrien Romet pour vous envoyer un petit mot. Du reste, je voulais vous écrire aujourd'hui, mais Marie, qui avait l'intention de le faire aussi, m'avait priée d'attendre à demain; sa lettre est remise à une autre fois

Elle va aussi bien que possible maintenant et est plus grande que moi ! Nous nous proposons d'aller à Lisieux au mois de septembre, je ne puis m'absenter avant cette époque. I1 faut que je vous aime bien pour me décider à quitter la maison, car les voyages ne me tentent pas.

J'irai au Mans, le 4 août, chercher Pauline. Elle s'est fort ennuyée sans Marie, c'est incroyable tout le chagrin qu'elle s'est fait pendant la maladie de sa soeur. Elle aussi a beau­coup grandi cette année; il n'y a que Léonie qui ne va ni ne vient, elle est comme une enfant de huit ans; elle doit aller à la Visitation, en octobre, si toutefois sa tante ne demande pas que je la garde encore un an à la maison.

Céline est grande pour son âge, mais elle n'est pas forte, j'ai toujours peur qu'elle ne fasse comme la petite Hélène. Quant à Thérèse, c'est un gros bébé; elle est brunie par le soleil; sa nourrice la brouette dans les champs, montée sur des faix d'herbe; elle ne crie presque jamais. La  « petite Rose » dit qu'on ne peut voir une enfant plus mignonne. Ainsi, comme vous le voyez, ma chère soeur, tout va au mieux. J'ai eu un triste commencement d'année, selon toute appa­rence, la fin sera meilleure.