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De Mme Martin à Mme Guérin CF 158 - 7 mai 1876.

 

Lettre de Mme Martin CF 158

 

A Mme Guérin

7 mai 1876.

...Je viens de recevoir votre lettre bien impatiemment attendue, j'étais inquiète de vous tous ? Je ne puis vous dire qu'elle m'a rendue heureuse; non, au contraire. Je vois

avec peine que mon frère est beaucoup plus souffrant, puisqu'on parle d'opération. Je croyais qu'il ne se ressentait plus du tout de son mal de reins. Vraiment, le bon Dieu permet pour vous bien des tribulations à la fois; mais j'espère que bientôt, il vous dédommagera amplement, car il ne fait pas les choses à demi.

J'ai maintenant, plus de commandes de dentelle que je ne le voudrais et un surcroît de travail; il faut, en effet, que je m'occupe non seulement de faire exécuter les divers points, mais encore d'assembler; car mon assembleuse vient de mourir, et j'aurai du mal à la remplacer.

Avec cela, voici l'été; j'ai la toilette des enfants sur l'esprit, ce qui me fait perdre beaucoup de temps. Enfin, il y a une telle confusion d'idées dans ma pauvre tête que je me demande parfois où j'en suis.

Ma chère Marie a pitié de moi et me soulage le plus qu'elle le peut; elle évite de me demander quelque chose de crainte d'ajouter à mes soucis. Je vous assure qu'elle est toute dévouée et j'en ai pleine satisfaction.

La seconde Communion solennelle de Léonie est fixée au 2I mai. Dieu merci, je n'aurai pas le même embarras que l'année dernière pour les invitations, il ne me manquerait plus que cela !

Céline travaille toujours avec Marie. Thérèse apprend avec beaucoup de facilité; elle est très intelligente. Combien je suis heureuse de l'avoir ! Je crois que je l'aime plus que toutes les autres, c'est sans doute parce qu'elle est la plus jeune.

J'espère que nous aurons le bonheur de vous voir cette année, au mois d’août, pour le I5 comme d'habitude. Ce n'est pas encore bien décidé que vous remmènerez Marie et Pauline; je trouve que c'est assez tous les deux ans. Je me laisserai peut‑être gagner pour vous faire plaisir, mais mon mari n'a pas l'air très consentant; vous le persuaderez, si vous le pouvez. Je crois qu'il ne dit pas positivement non, mais je sais qu'il lui en coûte de se séparer des enfants, dont il trouve les vacances déjà trop courtes. Enfin, on en reparlera.

En attendant, j'ai une rude journée à faire demain, de toutes manières: une commande de dentelle à expédier: des vêtements à choisir pour mes aînées .C'est cela qui m'ennuie le plus, il faut pourtant que je les mette belles pour vous les envoyer !

Adieu, ma chère Sœur, pardonnez‑moi le décousu de cette lettre, je suis fatiguée aujourd'hui, j'ai mal à la tête et je vois bien que ce que j'écris s'en ressent !

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