Imprimer

De Mme Martin à Mme Guérin CF 165 - 23 juillet 1876.

 

Lettre de Mme Martin CF 165

 

A Mme Guérin

23 juillet 1876.

J'ai reçu votre lettre dimanche et je compte sur vous pour le 5 août. Je pense que vous arriverez par le train de sept heures et demie, nous vous attendrons pour le dîner.

J'espère que vous nous resterez une bonne semaine et nous tâcherons de vous la rendre agréable, autant qu'il nous sera possible. Si vous le voulez, nous irons faire une promenade en voiture à Saint‑Denis et de là à Sainte‑Anne, qui se trouve tout près, au milieu des bois.

Je crois que ce voyage aurait de l'attrait pour mon frère, il y a si longtemps qu'il n'a pas revu son pays natal (M. Guérin et Mme Martin étaient nés dans cette région). Il l'a quitté à deux ans et ne se souvient de rien, mais pour moi il n'en est pas de même, ce pays est rempli de souvenirs. Cependant, je pense que cette petite partie vous plairait à tous, surtout aux enfants; puis le pèlerinage à Sainte‑Anne est charmant. Malheureusement sa fête sera passée. On dit:  « La fête passée, adieu le saint ! » Nous ne lui dirons pas adieu !

Nous étions invitées, Marie et moi, à y aller mercredi 26. Nous devions partir mardi soir pour Saint‑Denis, et le lendemain, jour de la fête, nous lever à quatre heures pour faire le pèlerinage; mais j'ai décidé qu'il valait mieux nous y rendre tous ensemble. Il y a là, comme à Lourdes, une fontaine miraculeuse, où il s'est opéré beaucoup de miracles.

Je vois que vous avez fait des merveilles à la Fête‑Dieu. Que le bon Dieu vous le rende au centuple !

Vous comptez donc emmener Marie et Pauline, cependant, je vous assure que ce n'est pas ainsi que j'entendais les affaires. Quand vous venez à Alençon, il est convenu que nous n'allons pas à Lisieux. Il faudra que j'aille les chercher et ce me sera un grand dérangement. Vous me direz: « M. Martin peut bien y venir. » Oui, c'est vrai, mais comme cette absence de ses filles lui coûte pas mal, cela ne lui plairait point, et quand même cela lui plairait, je regretterais de n'y pas aller moi‑même pour vous voir une fois de plus !

Enfin, hier soir, je lui ai demandé son avis; il m'a répondu que s'il voyait que vous y teniez par trop, il ne voudrait pas vous contrarier; ainsi, vous ferez à votre idée.

Vous n'avez pas besoin de m'écrire de nouveau pour me confirmer votre arrivée, je n'oublierai pas le jour, ni l'heure, on en parle assez ici, pour que je me le rappelle !

Retour à la liste des correspondants