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De Mme Martin à sa fille Pauline CF 183 - Janvier 1877.

 

Lettre de Mme Martin CF 183

A sa fille Pauline

Janvier 1877.

Ma chère Pauline,

Je veux t'enlever toute inquiétude au sujet de ta petite sœur, que tu as laissée malade. Quand je suis arrivée, lundi soir, elle est venue au‑devant de nous avec la bonne, mais pas jusqu'à la gare; elle a mangé avec nous et elle était très gaie, enfin, le mal avait disparu. Je ne m'explique pas ces indispositions qui la prennent assez souvent et qui ne durent jamais plus d'un ou deux jours. Tout de suite après, il n'y paraît plus. Je n'ai rien de nouveau à t'apprendre, je profite d'une occasion pour t'écrire, sans cela tu n'aurais pas eu de nouvelles aujourd'hui. Tu sais que le jeudi je suis très occupée.

Marie t'envoie toutes ses images; tu t'arrangeras avec cela; si tu n'en as pas assez, tu en achèteras à la Visitation. L'affaire pour le Point d'Alençon n'est pas terminée et je crois qu'elle n'aura pas lieu; je ne le désire pas pour plusieurs raisons. Du reste, j'ai prié le Sacré‑Cœur afin que, si c'est une mauvaise spéculation pour les gens qui veulent acheter, cela ne se fasse pas. Si nous l'avions voulu, la vente était conclue, mais j'ai cru devoir ouvrir les yeux de ces personnes sur certaines difficultés, car elles voyaient tout en beau et cela me déplai­sait; moi qui vois tout en noir, il y a une grande différence ! Enfin, je continuerai jusqu'à nouvel ordre et nous verrons ce que nous ferons, mais je suis bien lasse des affaires, je n'ai plus l'énergie nécessaire, je sens que j'ai besoin de repos, je n'en aurai guère avant le repos éternel... Ma chère Pauline, continue à être une bonne fille, bien douce et bonne pour tout le monde; tu en recevras la récom­pense, même ici‑bas: « Bienheureux ceux qui sont doux, ils possèderont la terre. » Je t'écrirai de dimanche en huit, une grande lettre, bien intéressante si je le puis, car il faut avoir quelque chose de nouveau et je n'en ai pas toujours. Quand ta tante n'aura plus d'oranges, donne de l'argent à ma Sœur Félicité (Tourière de la Visitation) pour qu'elle en achète. Je t'embrasse de tout cœur.

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