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De Mme Martin à Mme Guérin CF 187 - 6 février 1877.

 

Lettre de Mme Martin CF 187

 

 A sa Belle‑Soeur 6 février 1877. Je vous envoie une lettre de ma soeur que j'ai reçue il y a huit jours [la dernière lettre de sr Marie-Dosithée] ;  j'y joins une lettre de Pauline, qui nous a bien amusés avec son Père de la Colombière.. La semaine dernière, elle nous écrivait que la Communauté lui faisait une neuvaine et que, si on était exaucé, cela servirait à sa Béatification. Elle nous ajoutait que sa tante n'était guère contente de la chose, elle préfère que le miracle se fasse pour un autre que pour elle. Si le bon Père voulait donc le faire pour moi, car je ne suis pas si pressée de partir ni assez bien préparée. Je vais toujours de même, cependant le mal augmente tout doucement. On fait ici à mes intentions, une neuvaine à la Sainte Vierge, je mets de l'eau de Lourdes et j'en bois, mais il faut que je la ménage, car je ne suis pas à la source ! Si j'étais à la place de la Sainte Vierge, je céderais bien vite à tant de prières, pour me débarrasser des gens. Les Clarisses vont aussi commencer une neuvaine, mais je n'aime point à demander des prières pour moi; si c'était pour d'autres, cela m'irait mieux. Vous direz à Jeanne et à Marie que si elles étaient à Alençon en ce moment, sur la Place du Palais de Justice, elles se croiraient à Lisieux, car toutes les baraques que j'y avais vues lors de mon voyage chez vous sont revenues chez nous; c'est un « bastringue » à en perdre la tête. J'y ai conduit les enfants dimanche pour leur faire plaisir, et j'ai reconnu tout ce qui était à la foire de Lisieux, jusqu'aux mêmes chevaux de bois, les forçats et tout le reste. Rien de nouveau à vous annoncer, tous ici se portent bien. Mon mari qui est là, à côté de moi, me dit: « Dis‑leur bien des choses de ma part ».

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