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De Mme Martin à Pauline CF 204 - Mai 1877.

 

Lettre de Mme Martin CF 204

 A sa fille Pauline

 Mai 1877.

Ma chère Pauline,

Je viens de recevoir ta lettre et, en même temps, celle de Sœur Marie‑Paula. C'est le 18 juin que part le pèlerinage à sept heures cinquante du matin. Nous serons donc obligées de quitter Le Mans dimanche. Je n'aime pas, tu le sais, à voyager le dimanche, mais le bon Dieu sait bien que, cette fois, on ne peut guère faire autrement: nous prendrons un train de l'après‑midi afin de pouvoir assister à tous les offices du matin. Je t'emmène donc, ma chère Pauline, ainsi que Marie et Léonie. Ce sera juste pour la fin de la retraite, qui doit se terminer le vendredi. Je prie la maîtresse du Pensionnat, Sœur Marie‑Louise de Gonzague, de bien vouloir garder Marie jusqu'au dimanche. J'assisterai à la première Messe ici, avant de partir, et j'arriverai à neuf heures au Mans, encore à temps pour entendre la grand'Messe, après laquelle j'irai vous chercher. Le pèlerinage ne sera de retour que le vendredi, je pense que nous resterons à Angers jusqu'au samedi; je désire beau­coup revoir Sœur Marie‑Paula, elle a été si bonne pour vous, que nous ne passerons pas si près d'elle sans la visiter, et il est bien probable que nous ne le pourrons pas en allant, nous arriverons trop tard. Cette bonne Sœur me propose de me trouver où descendre, cela me rend bien service. Au commencement, ton père n'approuvait pas que je vous emmène toutes les trois, mais maintenant, il le désire, disant qu'on ne peut faire trop de sacrifices pour obtenir un si grand miracle. Et même si je ne l'obtiens pas, je ne me repentirai jamais de vous y avoir conduites. Nous devons nous mettre dans la disposition d'accepter généreusement la volonté du bon Dieu, quelle qu'elle soit, car ce sera toujours ce qu'il peut y avoir de meilleur pour nous. Dans tous les cas, ma Pauline, il faut bien nous préparer à ce pèlerinage, je compte plus sur toi que sur les autres pour cela; je ne sais pourquoi j'ai cette idée, car Marie prie telle­ment, de tout son cœur aussi, pour moi. Ta petite lettre m'a fait grand plaisir; ne m'écris plus maintenant jusqu'à mon arrivée; nous passerons une bonne journée ensemble, je m'en réjouis d'avance, ma Pauline bien­-aimée, mais si tu as mal à la tête, je serai triste. Pour la robe que tu me demandes, je ne puis t'en faire faire une sans modèle. Je rapporterai plutôt le 10 celle qui est déchirée, je la ferai réparer et te la rapporterai en allant au pèlerinage. Ce n'est pas la peine de t'acheter une robe noire, pour deux mois que tu as encore à passer à la Visi­tation; je tâcherai que celles que tu as fassent le temps. A bientôt, ma chère Pauline, prie bien pour moi, puisque c'est sur toi que je compte particulièrement. Ta mère qui t'aime tendrement.

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