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De Mme Martin à M. Martin CF 208 - juin 1877.

 

Lettre de Mme Martin CF 208

 A Monsieur Martin

Mon cher Louis,

Angers, juin 1877.

Léonie et moi nous sommes arrivées au Mans et nous avons entendu une Messe avant de nous rendre à la Visi­tation. A neuf heures et demie, j'ai fait demander Marie et Pauline, qui s'inquiétaient déjà de nous !

La Supérieure nous avait fait préparer un bon déjeuner avec café, desserts de toutes sortes; elle est venue nous voir et m'a promis des prières et une Communion générale. Mardi soir, toutes les religieuses et élèves feront, à mon intention, un pèlerinage dans les jardins où se trouve une statue de Notre‑Dame de Lourdes. On s'intéresse à moi autant qu'il est possible.

Après le déjeuner, nous sommes parties pour Angers, où nous arrivions à trois heures. Une Sœur tourière nous atten­dait à la gare, elle nous a conduites à l'hôtel de France, juste en face de la station. J'ai repris mes bagages, puisque c'était si près. Nous avons là une chambre à deux lits. La bonne Sœur est venue nous installer et nous a emmenées ensuite à la Visitation, nous n'allons en partir que vers huit heures et demie.

Sœur Marie‑Paula ne veut pas quitter les enfants; elle a pleuré en les revoyant et Marie aussi. La Mère Supérieure est restée une heure avec nous, elle fait prier toute la Communauté pour moi.Le chapelain, qui a une figure de saint, est venu aussi nous visiter pendant trois quarts d'heure, jamais je n'ai vu un prêtre si agréable et si bon. J'étais décidée à prendre, au retour, le train qui part d'Angers à six heures du matin, pour arriver au Mans de bonne heure, et être chez nous à cinq heures de l'après‑midi, mais cet excellent prêtre m'a dit que, si j'étais guérie, il voulait dire lui‑même, le samedi, une Messe d'actions de grâces et faire une belle cérémonie, qu'il m'a expliquée; je ne me la rappelle plus, il veut toujours qu'il y ait beaucoup de monde !

Enfin, si je suis guérie, je ne crois pas pouvoir arriver à Alençon avant huit heures du soir  sinon, ce sera pour cinq heures et demie.

Nous avons vu, à la Visitation d'Angers, Monseigneur d'Evreux, qui nous a parlé avec bienveillance et fait baiser son anneau.

Je t'écris pendant que Sœur Marie‑Paula parle aux deux aînées dont elle ne peut se séparer. Pauline a un plaisir extrême à la Visitation d'Angers; par contre, Léonie est là, à côté de moi, qui s'ennuie beaucoup !

La surprise que la bonne Sœur m'avait annoncée, c'est que la Sœur tourière vient en pèlerinage avec nous.

Nous partons demain matin, à sept heures et demie. Je termine, car la nuit vient; embrasse bien pour moi les petites filles.

Toute à toi.

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