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De Mr. Guérin à Mme Guérin. 29 août 1897.

Vichy, 29 Août 97, 2 h 30

Ma bien chère petite femme,

Voici donc ma dernière lettre. Après demain nous ne nous causerons plus avec la plume, mais de bouche et cœur à cœur. Je vais très bien, mais j'en ai assez de la cuisine d'Hôtel qui ne convient pas à ma maladie, bien que je fasse presque entièrement maigre. Je n'ai rien à te dire depuis hier, sinon que les 3 lettres relues à tête reposée m'ont fait bien plaisir. Je suis rentré à 9 h hier soir comme d'ordinaire, j'ai cousu un bouton à ma chemise et je me suis couché. Ce matin, Ste Communion à 7 h - Après déjeuner, café à la Restauration, puis visite à l'église où j'ai dit tout mon rosaire et me voilà. J'ai commencé déjà mes paquets pour avoir plus tôt l'illusion du départ, car je n'en aurai pas pour une demi-heure puisque ma petite femme a tout fait. [lv°] Les malles sont ouvertes, les casiers sur le lit, et les objets épars prêts à être casés, ce que je vais faire à 5 h en attendant la dépêche que tu peux m'envoyer. Je vais aller prendre ma dernière douche à 3 h 1/2 ce qui va m'empêcher d'aller aux Vêpres solennelles de St Louis et à la procession des reliques qui doit avoir lieu après. Les nou­velles que tu me donnes de ma petite Thérèse me font bien de la peine. Je prie pourtant le Bon Dieu de la soulager, mais cela ne lui sert pas puis­qu'elle détourne les prières qu'on fait pour elle afin de les appliquer à la conversion des pécheurs. Dis bien à mes petites carmélites et à ma bonne Léonie combien je les aime.

Je ne te parle pas de toutes tes recommandations qui seront remplies. Fais dire chez Roucher et Lerebours que je serai rentré Mercredi.

A bientôt ma bien aimée petite femme, je te dévore de baisers.
Ton petit mari bien affectueux
I. Guérin

Embrasse bien ma chère bonne Maman pour moi.


[2r°] 5 h 45 - En rentrant je trouve ta chère lettre (il est courant que le courrier fasse Lisieux/Paris dans la même journée, et en 24hr pour le reste de la France)à laquelle je réponds brièvement.

- Je ne t'ai fait aucune remontrance, tu n'en méritais pas. Je t'ai expliqué ce que tu aurais dû faire.

- Au sujet de la difficulté à se procurer des voitures, je la connais pour l'avoir éprouvée souvent. A cela pas d'autre remède que de bonnes jambes.

- Reste comme tu es, tu me plais beaucoup comme cela. Si je pars le premier le Bon Dieu y pourvoira.

- Je te répète l'itinéraire de mon voyage. Lundi, c.à.d. demain 30, départ de Vichy, Midi six - Arrivée à Paris 6 h 18.

Mardi matin - Visite au Sacré-Cœur, à N.D. des Victoires - Rentrée à l'Hôtel pour voir si j'ai du courrier.

Déjeuner à Midi à Auteuil, 78, rue la Fontaine (dans sa chronique, au 31 août, M. Guérin a noté : « Visite aux Cousines Macé ». Les Auxiliatrices de l'Immaculée Conception résident précisément au 78, rue La Fontaine. On se souvient que l'une des cousines en est la Supérieure générale), courses l'après-midi

- Rentrée pour dîner à 5 h - Départ pour Lisieux à 6 h 30 - Arrivée 10 h 16 du soir.

Mille baisers à ma chère pte femme
I.G.

Je descendrai Hôtel d'Orléans, rue Richelieu - Tu peux donc m'écrire- Journée splendide.

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