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De Louis Martin à sa fille Marie - 27 août 1885

 

De Louis Martin à sa fille Marie

Munich, jeudi 27 août 1885.

Ma Marie, ma grande,

Je ne veux pas partir de Munich sans t’avoir donné signe de vie.

Nous avons déjà visité plusieurs belles villes. Hier, nous sommes montés dans la Bavaria, c’était assez curieux ; figure-toi une statue en bronze très élevée et de telle dimension qu’on peut facilement s’asseoir dans son nez. Nous avons vu aussi les musées qui sont très beaux.

Ta lettre que j’ai sous les yeux, je l’ai dévorée, et je remercie Dieu de m’avoir donné de si bons enfants. Tu as bien fait de ne pas montrer ta lettre à ton oncle, car je crois que ce bon abbé Marie est content que je sois avec lui. Nous nous entendons bien, il est très aimable et me plaît beaucoup.

Tu vois, par la carte que je t’envoie, que nous n’avons pas choisi le plus petit hôtel, aussi, je crois que cela va nous coûter plus cher, cette fois, enfin, à la guerre comme à la guerre !

Remercie bien Madame Marie de Gonzague de ma part et dis à mon « petit Paulin » que je pense souvent à elle. Fais aussi la même commission à Léonie, à Céline et à Thérèse.

Maintenant, il faut que je termine, pour rejoindre mon compagnon. je t’assure que je voudrais bien vous avoir toutes les cinq ; sans vous, il me manque la plus grande partie de mon bonheur. En attendant, continuez de prier pour nous.

Ton père qui aime encore plus sa grande, depuis qu’il est au loin et qui l’embrasse bien des fois, ainsi que ses quatre autres de la même nichée.

Surtout, ne vous inquiétez pas.

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