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De Louis Martin à sa fille Marie - 27 septembre 1885

 De Louis Martin à sa fille Marie

Rome, dimanche 27 septembre 1885.

Chère Marie,

Nous voici enfin arrivés à Rome, à six heures et demie du matin. Saint-Pierre est bien pour moi ce qu’il y a de plus beau au monde. J’ai prié pour vous que j’aime tant, il est si doux de prier là !

Mais quelle tristesse que le Saint-Père (Léon XIII) soit ainsi en captivité ; cela fait tache et cette ombre vous fait broyer du noir, malgré tout.

Monsieur l’Abbé a été sensible au petit mot du Carmel, signalé dans la lettre de ma « Perle fine ». Que je suis consolé quand je vois qu’elle est si pleinement heureuse et que Jésus, même ici-bas, veut bien la visiter comme lui seul le sait faire ! Remercions bien le bon Dieu, ma grande, et prions-le de tout notre cœur pour qu’il comble aussi de ses grâces notre pauvre chère Léonie.

Dis à Céline et à ma petite Reine que je pense beaucoup à elles et que, si tu en es contente, je les récompenserai.

Je suis allé à la poste avec Monsieur l’abbé Marie et nous n’avons rien trouvé, lui a été un peu désappointé, car il attendait au moins une lettre de Monsieur le Curé. Comme nous espérons être à Milan, mardi de l’autre semaine, si tu peux, donne-moi de vos nouvelles. je serai bien aise aussi de savoir si tu as reçu mes deux lettres de Constantinople.

Je me presse, car mon bon Abbé va bientôt me reprendre pour visiter toutes les beautés de Rome. C’est certainement ici que j’éprouve le plus de plaisir. Dis à ma « Perle fine » que je suis trop heureux, et que « je tends le dos », car cela ne peut pas durer. Je me réjouis de la revoir bientôt.

Pour toi, ma chère grande, je compte bien t’embrasser sur les deux joues comme je t’aime, c’est-à-dire avec un bruit retentissant. J’embrasse aussi ma Léonie, ma Céline et ma petite Reine.

Ton père qui t’aime beaucoup, beaucoup.

P.-S. Nous avons le projet de visiter après dîner les Catacombes de Sainte Agnès.

Je vous remets toutes à la grâce de Dieu et prie chaque jour pour vous à Saint-Pierre. La pensée de votre Mère me suit aussi constamment.

À bientôt… bientôt… bientôt !

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