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De Louis Martin à sa fille Marie - 6 octobre 1885

 

De Louis Martin à sa fille Marie

Milan, 6 octobre 1885.

Ma chère grande et première,

Je t’écris à la hâte, car nous sommes sur notre départ et Monsieur l’Abbé me presse.

J’ai bien reçu ta bonne lettre, ainsi que celle dema Perle ; elles m’ont fait un très grand plaisir. J’en avais besoin, car en partant de Rome, j’étais « comme un chat borgne et noir, faisant son ron-ron au coin d’une borne, par un temps de pluie ».

Tu me demandes quand jarriverai ? Jespère que ce sera pour samedi soir, à neuf heures et demie. Mais figure-toi que je reviendrai dAlençon, car je dois y aller mardi prochain.

J’ai bien pensé à vous dans tous les sanctuaires que nous avons visités, mais il n’y a pas eu moyen de voir le Saint-Père ; je vous raconterai cela.

Tout ce que je vois est splendide, mais c’est toujours une beauté terrestre et notre cœur n’est rassasié de rien, tant qu’il ne voit pas la beauté infinie qui est Dieu.

À bientôt le plaisir intime de la famille, c’est cette beauté-là qui nous en rapproche davantage…

Je vous embrasse toutes les cinq de tout mon cœur.

Votre père qui vous aime.

 

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