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De l'abbé Bellière à Thérèse - 15 juillet 1897

De l'abbé Bellière à Thérèse.
15 juillet 1897


Langrune 15 Juillet


A ma Sœur Thérèse
Ma bien bonne et bien chère Sœur,
Déjà un mois, presque - que je n'ai reçu votre chère lettre - Si je n'avais été très absorbé depuis que
je suis en vacances, je serais venu déjà quérir quelques bonnes paroles de vous réchauffantes et
réconfortantes - Vous le savez, le milieu des vacances est plus fait pour refroidir et ébranler une âme
mal affermie que pour y opérer le bien tant désirable et si nécessaire surtout à la veille d'une grâce
immense - c'est vous dire, chère Sœur, que plus que jamais l'épanchement de votre âme religieuse
dans la mienne exilée en vacances me devient plus nécessaire - Venez donc bien vite me dire de
bonnes choses - Savez-vous que vous m'ouvrez des horizons nouveaux - dans votre dernière lettre
particulièrement, je trouve des aperçus sur la miséricorde de Jésus, sur la familiarité qu'il encourage,
sur la simplicité dans les relations de l'âme avec ce grand Dieu qui m'avaient moins touché jusqu'à
présent, parce que sans doute ils ne m'avaient pas été présentés avec cette simplicité même et cette
onction que votre cœur prodigue et j'ai pensé comme vous
- mais je n'arrive qu'imparfaitement à cette simplicité délicieuse que je trouve étonnante, parce que je
suis un triste orgueilleux et que je compte trop encore sur les choses créées -
Non, chère petite Sœur, vous ne vous êtes pas mal expliquée
- vous avez raison - j'ai bien compris vos théories et, comme vous le dites si bien et si bonnement,
puisque pour la pratique nous sommes deux, je m'en remets pleinement à N. Seigneur et à vous, c'est
le plus sûr - Je regarde comme venant de Jésus même tout ce que vous me dites, j'ai pleine confiance
en vous et me règle sur votre manière que je voudrais faire mienne.

 

Demain, ma sœur, je serai très étroitement uni à vous et à votre communauté, particulièrement dans la
Communion que je ferai à cette intention - un de mes amis, nouveau prêtre (l'abbé Paul Troude, neveu
de sr Marie-Philomène) mon compatriote depuis quelques années, chantera votre messe solennelle - il
sera bien heureux - et j'ai demandé à notre bonne Mère la permission de venir, dans quelques années,
à la veille de partir pour le centre de l'Afrique, consacrer sur l'autel du Carmel le corps de Notre
Seigneur que je déposerais ensuite avec bonheur sur vos lèvres - à ce moment en effet je reviendrai en
France passer quelques jours -
J'ai demandé aujourd'hui aussi à Notre Mère une faveur à laquelle j'espère que vous voudrez bien
souscrire, comme je l'ai fait moi-même pour la réciproque - comme toujours c'est à votre cœur que je
fais appel - Permettez-moi de lui recommander encore quelques intérêts temporels qui sollicitent ma
mère -
- Chère, bien chère petite Sœur, je vous laisse dans le Cœur de Jésus où je vous retrouve souvent et où
je vous donne rendez-vous toujours.
- A jamais je suis votre frère attaché et reconnaissant
Maurice Barthélemy-Bellière a. m.
Une lettre bientôt, n'est-ce pas ? je vous en prie.

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