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De l'abbé Bellière à Thérèse - 28 novembre 1896

De l'abbé Bellière à Thérèse.
28 novembre 1896


Langrune - Samedi


Ma bonne petite Sœur,

 

Le Maître m'envoie une rude épreuve - comme il fait à ceux qu'Il aime et je suis bien faible - Il va
m'envoyer sans doute, dans quelques jours, au séminaire des Missions Africaines (Missionnaires
d'Afrique ou Pères Blancs) - Mon désir va se trouver enfin réalisé - mais j'ai bien à lutter - j'ai à briser
de chères et grandes affections - des habitudes de bien être douces et chères aussi - tout un passé riant
et heureux qui me sollicite encore vivement - -J'ai besoin de force, ma bien chère sœur - demandez
à Dieu qu'JI me donne avec la Pleine Lumière la Vertu des forts - la belle abnégation et le zèle de sa
gloire - avec l'Humilité qui est la base de la Sainteté - Le Missionnaire doit être un saint - et je ne le
suis pas -
J'ai quitté le grand Séminaire. Peut-être vais-je y rentrer pour six mois encore - peut-être aussi vais-je
partir dans quelques jours. J'attends une dernière décision -
Ma chère Sœur - puisque vous êtes mon bon ange, je me confie à vos prières de nouveau, toujours -
l'épreuve doit être décisive et j'ai besoin de toute la grâce de Dieu - Sitôt que la voie sera ouverte, je
vous le ferai savoir. En ce moment, je me repose et j'attends dans ma famille, à Langrune, Calvados.
- Votre lettre, ma sœur, du mois dernier m'a encouragé et fait du bien - Si votre charité vous inspire de
m'écrire encore, ce me sera une grande consolation et une force de plus -
Dans le Cœur de Jésus, demeurons unis, ma bien chère sœur, par la charité, l'apostolat et la souffrance.
Votre misérable frère tout reconnaissant et tout dévoué.
Maurice Barthélemy-Bellière
Asp. Mis.
Priez pour ma pauvre mère aussi.
Votre mère Prieure est-elle rétablie en bonne santé?

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