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De l'abbé Maurice Barthélemy-Bellière à Mère Marie de Gonzague (extraits). 17 juillet 1897.

 

Langrune - Samedi

Pauvre et Vénérée Mère,

Je viens de recevoir votre lettre désolée et ma douleur à moi doit être égale à la vôtre. Tenez, je pleure comme lorsqu'on est frappé d'un grand malheur. Je ne croyais pas à une si fatale et si prochaine issue et je n'y suis pas préparé - aussi je me plains à Jésus de sa rigueur, égoïste sans doute, mais comme vous le cœur brisé. Ce trésor du Carmel était le mien aussi, je l'avais apprécié comme mon plus solide soutien et je m'ap­puyais sur lui de tout moi-même - je ne comptais que sur lui pour avancer vers Dieu - et Dieu même me l'enlève et je retombe dans ma misère profonde. Elle me défend de me décou­rager - Dieu aussi le défend - pourtant je me sens comme anéanti par ce nouveau coup. Mais il en est peut-être temps encore - Jésus peut la guérir et se rendre à nos prières, je veux espérer. Prions - je tâcherai de le vaincre par des sacrifices - je n'épargnerai rien de ce qui sera en mon pouvoir pour faire violence au Maître jaloux. Oui, Il est jaloux et c'est pour cela qu'il nous l'enlève - enfin c'est son droit. Fiat ! le fiat de l'ago­nie - s'il se pouvait que ce calice s'éloigne de nous.

Plus que jamais, avec plus d'instances que dans ma lettre d'hier - je vous demande, ma Mère, de me donner son por­trait et quelque chose d'elle. Je ne doute pas que si vous le lui demandez, elle n'accorde tout.

Permettez-moi aussi de solliciter une lettre prochaine (...)

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