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De l'abbé Bellière à Mère Agnès de Jésus - 21 juillet 1896

 

De l'abbé Bellière à Mère Agnès de Jésus.
21 juillet 1896
Caen, Mardi Soir
Révérende mère Supérieure ,
Il y a bien longtemps que je n'avais eu le bonheur de causer avec vous mais, si je le fais aujourd'hui,
c'est pour mendier de nouveau -
Je suis soldat, ma mère, et ce temps n'a rien valu pour le séminariste - J'ai fait bien des chutes, des
sottises inouïes, au milieu de ce monde qui me reprenait. Je viens de faire la plus belle de toutes c
-mais elle est si forte qu'elle sera la dernière car elle me corrige. Je suis plongé dans une situation
déplorable - et il faut, à tout prix, que ma chère sœur, Thérèse de l'Enfant Jésus, me tire de là - il faut
qu'elle fasse violence au Ciel qui se laissera toucher par ses prières et Sa pénitence. Ma mère, il le faut,
ou je suis perdu - d'autant que ce sera pour un plus grand bien - Dites-lui qu'il le faut - Pardon de mon
insistance, vous-même, ma bonne mère, priez pour moi -faites prier votre communauté pour moi, mes
besoins sont grands et pressants.
Pardonnez-moi, plaignez-moi et aidez-moi, je vous en conjure, au nom de la Vierge du Carmel et de S.
Joseph -
J'ose me dire encore, ma révérende mère, votre fils très soumis.
Vous vous souvenez de moi qui vous écrivis en Novembre dernier, vous priant de me donner une
sœur parmi vos religieuses - Vous fûtes si bonne - Soyez-le plus qu'alors, s'il se peut - Si vous saviez
combien j'ai besoin du Secours divin

Tout vôtre, ma mère, en J.C.
Maurice Bellière
Séminariste
Soldat. 5e de Ligne 4e Compagnie
Caen

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