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De sœur Agnès de Jésus à Vital Romet - 20 septembre 1889

 

De sœur Agnès de Jésus à Vital Romet, 20 septembre 1889

Jésus
20 septembre 89
Mon bon Monsieur Vital,
Combien nous prenons part à votre deuil si amer. (sa sœur Pauline Romet, marraine de sœur Agnès vient
de mourir le 15 septembre). Moi tout particulièrement qui suis la filleule de cette sœur tant aimée que

vous pleurez... Ah ! la vie est bien triste. Si nos espérances ne se portaient sur un monde meilleur, rien ne
pourrait adoucir nos épreuves... Mais nous avons ces grandes espérances chrétiennes qui font toute notre
force. Je me demande comment souffrent ceux qui n'ont pas la foi...
[1 v°] Cher Monsieur Vital, nous avons accompagné de coeur mon oncle, Léonie et Céline (tous à
Alençon pour l'inhumation),qui ont pu vous exprimer de vive voix leurs regrets et leur sympathie. Ah!
cette sympathie, elle était et reste bien grande...
Depuis notre immense épreuve surtout, cette bonne Demoiselle Pauline était devenue pour nous plus
qu'une amie : une Tante dévouée... En la perdant nous sentons un vide de plus dans ce cercle de famille
où nos cœurs l'avaient placée. Et c'est ainsi que la mort nous enlève nos meilleurs appuis, c'est ainsi que
nous disparaissons les uns après les autres. Bientôt ce sera notre tour, car !a vie est si courte ! Alors nous
reverrons ceux [2 r°] qui nous ont précédés dans la vraie Patrie. Que ce jour d'éternelle réunion sera doux
aux cœurs meurtris par la séparation d'ici-bas !
En récitant le Saint Office nous lisions aujourd'hui dans celui des Martyrs ces belles paroles : « Le
Seigneur essuiera lui-même toutes les larmes des yeux de ses Saints. Alors il n'y aura plus ni plaintes, ni
douleurs car le temps de l’exil sera passé.» Mon bon Monsieur Vital consolons-nous, oui consolons-nous
dans la pensée du Ciel et ne pleurons pas comme ceux qui n'ont point d'espérance.
Pardon de vous avoir parlé si simplement, mais mon coeur débordait ! Avec vous aussi je me sens en
famille, vous êtes toujours si bon, si dévoué pour nous. Laissez-moi terminer par le plus affectueux baiser
comme à un Oncle qui m'est bien cher.
Le petit Ange (Thérèse) se joint à moi pour vous envoyer tout son coeur... Combien nous allons prier,
pour l'âme de notre chère Tante Pauline.
Votre petite nièce respectueusement attachée,
Sr Agnès de Jésus.
r.c.ind.

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