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Sr Françoise Thérèse à Mme Guérin - 6 août 1899

Sr Françoise Thérèse Martin à sa tante Mme Guérin

6 Août 1899

Ma bien chère Tante,

Comme je vous suis reconnaissante de vos deux bonnes lettres et surtout des détails sur la santé de mon cher oncle. C'est bien regrettable qu'il n'ait pu faire sa saison, suivre le traitement. Enfin, le principal c'est qu'il aille mieux et qu'il ne soit pas resté malade de ce long et pénible voyage entrepris sous une chaleur accablante.

0 ma tante chérie, laissez moi vous dire comme conclusion, que les remèdes humains pour notre cher malade sont tous épuisés. C'est Jésus qui veut être son médecin, son remède, c'est à son Coeur divin qu'il faut s'adresser sans cesse pour obtenir cette guérison tant désirée, il ne faut pas se lasser de demander, le bon Dieu aime tant à être importuné.

Je suis contente que Jeanne ait pu au moins profiter de ce voyage et que sa santé se soit fortifiée par le traitement qu'elle a suivi. Je pourrai le constater dans sa prochaine visite que vous m'annoncez, car elle doit avoir meilleure mine.

Quand vous irez au Carmel, ma chère Tante, je vous prie de dire à mes sœurs combien je leur suis reconnaissante des cahiers qu'elles m'ont envoyés. Nous les leur retournerons, mais après avoir copié bien des choses du plus haut intérêt.

Je ne vois plus rien à vous dire, parents bien aimés, si non que je vous aime bien, je ne me lasse pas de vous le répéter. Déjà six semaines bientôt que j'ai pris l'habit, comme le temps passe et comme je suis heureuse de le voir passer. Après ce moment d'exil, ce sera le Ciel sans fin... Que je voudrais déjà y être! En attendant il faut être fortement et surtout amoureusement attaché à la Croix: de la Croix au Ciel, il n'y a qu'un pas.