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De Mme Martin aux Guérin CF 23 - 1 décembre 1867.

 

Lettre de Mme Martin aux Guérin CF 23

1 décembre 1867.

C'est jeudi dernier, 19, à 10 heures un quart du matin, qu'est né mon petit Marie‑Joseph‑Jean‑Baptiste. I1 est très fort et bien vivant, mais j'ai passé un terrible moment et l'enfant a couru les plus grands dangers. J'ai souffert pendant quatre heures les plus vives douleurs que j'aie jamais ressenties. Le pauvre petit était presque asphyxié et le médecin l'a ondoyé avant sa naissance. Maintenant, je suis parfaitement bien. Je me suis levée un peu et profite de cela pour vous écrire. Je vous souhaite de tout mon cœur, ma chère soeur, d'être plus heureuse que moi, je prierai le bon Dieu pour qu'il en soit ainsi et qu'il vous donne un beau bébé.

Je ne vous en écris pas davantage. A bientôt une lettre plus longue.

Mon petit vient de partir en nourrice. Je crains qu'il ne soit pas facile à élever; il a crié depuis jeudi soir jusqu'à ce matin, c'est‑à‑dire trente‑six heures sans discontinuer. La nourrice (Rose Taillé) ne s'est pas déshabillée pendant deux nuits. J'étais tellement désolée, cette nuit, de voir ce pauvre petit se tordre dans les douleurs que je n'ai pas dormi; je pleurais ainsi que la nourrice qui ne voulait pas l'emporter, elle craignait trop qu'il ne meure chez elle. Ce matin, le médecin nous a rassurés et l'enfant a été bien calme toute la matinée, il n'a fait que dormir et il est parti cette après‑midi en dormant.

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