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De Mme Martin à son frère Isidore Guérin CF 27 - 24 février 1868.

 

Lettre de Mme Martin à son frère Isidore CF 27

24 février 1868.

Je pense que tu es dans une grande joie de la naissance de ta petite Jeanne ? Tu as dû avoir une fameuse inquiétude, car tu te tourmentes passablement et souvent pour des choses de moindre importance. Je t'en supplie, ne me fais pas languir après une lettre. Écris-moi aussitôt après le baptême. Tu me diras si la petite est gentille, si elle crie beaucoup, il faut que je sache tout. Mon père a fait la grimace quand il a su que c'était une fille, il voulait un garçon, ce sera pour une autre fois.

Mon cher ami, j'ai un tel désir d'aller vous voir que je n'y puis plus tenir; j'en aurais pleuré ce soir de voir tous les préparatifs de mon père et qui n'étaient pas pour moi. J'aime ta femme autant que toi, elle est si bonne, si affec­tueuse. Et la petite chérie, comme je l'aime déjà ! Que c'est donc malheureux que nous soyons si éloignés, nous aurions tant de plaisir ensemble. Mais non, il faut se voir à de longs intervalles et pour bien peu de temps.

Je termine parce que je ne suis pas en état d'écrire ce soir.

Quand j'ai reçu ta dépêche, cela m'a donné une telle émotion que j'en ai eu pour toute la soirée. Il est minuit, et je n'en suis pas encore remise.

J'ai bien mal à un œil depuis un mois; il n'est pas rouge, on ne voit rien, c'est un nerf qui est atteint. Si tu avais quelques médicaments pour le soulager, envoie‑les. Je suis inquiète de cela, je crains tant de ne pouvoir travailler.

Tu me diras si la nouvelle bonne plaît à ta femme et si ton élève est revenu, afin que je sois sûre que vous n'êtes pas dans l'embarras.

HA 1898 dans les détails !

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